PERRIN, VOGNET, BLOSSEVILLE, MARCEAU
PERRIN
Messieurs, ayez confiance dans la bravoure de cette poignée d'hommes enfermés à la citadelle ; ayez confiance dans mon brave bataillon, dans le patriotisme de ces habitants qui demandent les armes...
VOGNET.
Commandant, nous n'osons en donner. Le mauvais esprit d'une partie de la population...
PERRIN
Ayez confiance en moi, Messieurs ; confiance dans le jeune soldat baptisé au feu de la Bastille, nommé adjudant général sur le champ de bataille du 10 août, et auquel aujourd'hui l'absence du commandaj;it Galbaud fait le grand
honneur de commander ici. — Et qu'a-t-il produit de si terrible ce bombardement de douze heures? A peine une centaine de maisons endommagées , un seul homme blessé mortellement... Est-ce vraij monsieur Blosseville?...
BLOSSEYILLE.
En effet, commandant. Mais les batteries de Fennemi tiraient trop haut. Il a, rectifié son tir...
Nos fortifications? Pas un dommage sérieux... Nos dix bastions intacts... Les batteries de la butte Saint-Michel et de la côte de Saint-Barthélémy, — sans effet. — Les dégâts de la corne Saint- Victor sont réparés à l'heure qu'il est, et vous avez vu y travailler des mains de femmes et d'enfants. Encore une fois, Messieurs, ayez confiance dans vos défenseurs : vous savez qu'ils se sont appelés eux-mêmes les premiers soldats de la Liberté. A la dernière heure, n'en doutez pas, la Liberté fera éclater pour vous un de ces miracles, un de ces saluts de désespoirs soudains, imprévus, foudroyants, qui 'délivraient les cités antiques... Maintenant, allez. Messieurs, faites votre ronde... Je vous attends.