‹ ThéâtreChapitre 142 sur 198 · CRIS DE LA FOULE · texte numérisé non relu

CRIS DE LA FOULE

La capitulation ! la capitulation !

PERRIN

Si haut, vous osez le dire! si haut, vous osez le crier ici, ce mot que personne de nous, ni moimême, n'avons le droit de prononcer! ce mot qui ne doit se lever, et encore tout bas, que du bombardement d'une cité, de ses bastions rasés, de ses

maisons en flammes, de sa garnison décimée, ainsi que le râle de l'agonie d'une ville! Capituler! capituler, citoyens, sans un assaut, sans une broche, avant même que les boulets aient troué un chemin à l'ennemi, quand vos murs sont encore debout, que leurs pierres résistent, et nous montrent l'exemple ! . . .Vous venez demander à votre commandant ! . . . Eh! quoi, voulez-vous donner le spectacle d'une honte dont pas une ville française n'a voulu dans les temps passés! voulez-vous que, dans quelques jours, un décret de la France victorieuse et afiranchie de l'étranger, car cela sera, voulez-vous qu'un décret rase vos murs, vos maisons, disperse la mémoire de votre ville comme les cendres d'un criminel, et qu'au voyageur qui passera sur vos ruines, on réponde : « Ici fut la ville des lâches ! »

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