ACTE V
gens qu'on peut voir... Oh! vous ne trouverez pas grande personne de connaissance... le beau monde est déjà parti... Et ça commence à être bien mauvaise compagnie ici-bas... (Un détenu.ia salue.) Ah ! marquis, que de regrets ! J'ai reçu, celte aprcs-dînée, votre billet de visite... J'avais malheureusement défendu ma porte... Mais j'espère bien que demain... à moins de malheur d'ici-là... vous viendrez me pardonner et recevoir m'es excuses... (a son frère.) Ah ! oui, il cst grand temps de s'en aller avec tout ce qui s'en va ! Rester pour voir des horreurs ! leur révolution!... Ça ! tenez ! ça! la fille d'un Valjuzon à côté d'un Perrin!...
Leur dernière heure, ma sœur!...
LA CHANOINESSE
Fi î vous dis-je, c'est la fin du monde, et j'ai hâte d'en sortir. Je trouve même qu'on attend trop et que c'est bien long !
UN DÉTENU
Le chariot !
UN AUTRE
Oui, c'est le chariot!
UN AUTRE
Il s'arrête!... C'est pour nous !
UN DETENU, descendant d'un escalier. '
Le double plus grand qu'hier, mes amis, je vous en avertis !
UN AUTRE
Combien donc pour aujourcrhui ?
LA CIIANOINESSE, s'approchant de Madeleine.
Qu'est-ce qu'ils ont donc tous! qu'est-ce ça, ma mie ?
MADELEINE
Madame la comtesse n'a pas entendu? Le chariot pour la Conciergerie...
LA CIIANOINESSE.
Et le tribunal, et... Eh bien, mais on ne loge pas à l'année ici, que je sache?... iNos petits paquets sont prêts?...
MADELEINE
Oui, madame la comtesse !
LA CIIANOINESSE, au comte.
Les parchemins de notre chartrier sont en mains sûres, mon frère ?
LE COMTE
Soyez tranquille, ma sœur.
LA CIIANOINESSE, à Madeleine.
Tu as mis mon rouge ? On n'est pas maître de ses couleurs, une vieille malingre comme moi; et je ne voudrais pas donner à ces coquins la joie de croire que j'ai eu peur seulement un instant.