‹ ThéâtreChapitre 23 sur 198 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

PIERRE descendant par l'escalier de droite avec UN DOMINO qu'il tient par la taille.

PIERRE

Tu me connais ? tu me connais ? tu es plus avancée que moi...

LE DOMINO

M'as-tu assez aimée ?

PIERRE

C'est bien possible. Va, ce n'est pas ma faute !

LE DOMINO

Te rappelles-tu la rue de la Bruyère ?

PIERRE

Quel numéro?

LE DOMINO

Insolent ! tu étais bien jaloux de moi tout de même...

PIERRE

Oh ! par politesse ! Je sais que ça fait plaisir aux femmes...

LE DOMINO

Je te trouve bien vieilli, dis donc?... On te donnerait quarante ans...

PIERRE

Ne me les donne pas ; garde-les.

iS IIKXUIK'ITE MARECHAL.

LE DOMINO

Je te vois de mon coupé souvent passer sur les boulevards à pied.

PIERRE

Est-ce que je l'aurais éclaboussée? Ton coupé est si bas... Ah çà! lu as donc fait fortune, ma chère Agalhe ?

LE DOMINO

Mais oui. un peu, mon cher. Je roule sur l'or. Je possède des peignoirs qui coûtent deux cent quarante francs de blanchissage. J'ai dans mon antichambre un huissier qui a une chaîne, et dans mon salon un plat de Chine où il y a les cartes de tous les gens connus...

PIERRE

Par toi?... Mes compliments... Vois-tu, dans ton état, on arrive à tout, à l'ancienneté...

LE DOMINO

Chéri, va ! trop aimable!... Eh bien ! et toi, mon pauvre ami, tu n'es devenu rien depuis que je ne t'ai vu?

PIERRE

Non... pas môme millionnaire. Il faudrait que je me ruine pour être ton amant de cœur...

LE DOMINO

Tu blagues donc toujours?

PIERRE

C'est ma santé.

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