X. MARÉCHAL, déliant brusquement ses bras
Tiens, laisse-nous... J'ai à causer avec ta mère... Laisse-nous.
Henriette siori par la porte ii £-aacLe.
S(^ÈNE VIII
MADAME MARÉCHAL, M. MARÉCHAT..
MADAME MARÉCHAL
Mon Dieu ! qu'est-ce que vous avez donc ce soir?
M. MARÉCHAL, après un silence.
C'est la première fois que ma fille ne me dit pas la vérité... Elle a un secret, notre enfant... oui, un secret pour nous, pour moi, pour vous, sa mère...
MADAME MARÉCHAL
Oh! mon Dieu ! mon ami, vous prenez cela...
M. MARÉCHAL
Non... c'est que cette première chose qu'on me cache me fait peur, voyez-vous, Louise... Ces eaux, ces bains de mer, ce monde... on ne sait qui on rencontre, qui on voit, qui on reçoit... Je sais bien, ce sont des craintes... c'est absurde... Mais on n'est pas maître de ses inquiétudes... et malgré moi, ce soir... ce soir, Louise, est-ce que vous ne trouvez pas que cela sent le mystère chez nous?
MADAME MARÉCHAL
Le mystère? Mais quel mystère voulez-vous?...
M. MARÉCHAt.
Enlin pourquoi n'a-t-elle pas voulu me dire qu'elle aimait? Car elle aime... moi, je vous dis qu'elle aime...
Peut-être parce que vous avez voulu le lui faire (lire... Vous, les hommes, vous savez si peu... Ces jeunes cœurs-là s'ouvrent d'eux-mêmes, on ne les force pas... Ce n'est pas en la brusquant... Laissezmoi le temps de la faire parler... Tenez, elle me dira tout, à moi... je vous réponds qu'elle me dira tout...
M. MARECHAL, jetant un livre sur la table avec colère.
Elle vous dira tout! elle vous dira tout!
MADAME MARÉCHAL
Mon ami...
M. MARÉCHAL
C'est vrai, vous avez raison... Je sens que je me mettrais en colère... Il vaut bien mieux que j'aille me coucher... Bonsoir... bonsoir...
(H sort par le fond.)