‹ ThéâtreChapitre 78 sur 198 · X. MARÉCHAL, déliant brusquement ses bras · texte numérisé non relu

X. MARÉCHAL, déliant brusquement ses bras

Tiens, laisse-nous... J'ai à causer avec ta mère... Laisse-nous.

Henriette siori par la porte ii £-aacLe.

S(^ÈNE VIII

MADAME MARÉCHAL, M. MARÉCHAT..

MADAME MARÉCHAL

Mon Dieu ! qu'est-ce que vous avez donc ce soir?

M. MARÉCHAL, après un silence.

C'est la première fois que ma fille ne me dit pas la vérité... Elle a un secret, notre enfant... oui, un secret pour nous, pour moi, pour vous, sa mère...

MADAME MARÉCHAL

Oh! mon Dieu ! mon ami, vous prenez cela...

M. MARÉCHAL

Non... c'est que cette première chose qu'on me cache me fait peur, voyez-vous, Louise... Ces eaux, ces bains de mer, ce monde... on ne sait qui on rencontre, qui on voit, qui on reçoit... Je sais bien, ce sont des craintes... c'est absurde... Mais on n'est pas maître de ses inquiétudes... et malgré moi, ce soir... ce soir, Louise, est-ce que vous ne trouvez pas que cela sent le mystère chez nous?

MADAME MARÉCHAL

Le mystère? Mais quel mystère voulez-vous?...

M. MARÉCHAt.

Enlin pourquoi n'a-t-elle pas voulu me dire qu'elle aimait? Car elle aime... moi, je vous dis qu'elle aime...

Peut-être parce que vous avez voulu le lui faire (lire... Vous, les hommes, vous savez si peu... Ces jeunes cœurs-là s'ouvrent d'eux-mêmes, on ne les force pas... Ce n'est pas en la brusquant... Laissezmoi le temps de la faire parler... Tenez, elle me dira tout, à moi... je vous réponds qu'elle me dira tout...

M. MARECHAL, jetant un livre sur la table avec colère.

Elle vous dira tout! elle vous dira tout!

MADAME MARÉCHAL

Mon ami...

M. MARÉCHAL

C'est vrai, vous avez raison... Je sens que je me mettrais en colère... Il vaut bien mieux que j'aille me coucher... Bonsoir... bonsoir...

(H sort par le fond.)

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