‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 22 sur 108 · LE PATRIOTE · texte numérisé non relu

LE PATRIOTE

Il s'est tu Quand le silence était d'un lâche !

DIVERS

ïl n'avait qu'à dire un mot, La tyrannie était morte !

Et Gapet prenait la porte, Lui, sa femme et leur marmot î

D'AUTRES, sous le balcon de Roland.

Girondins, bouclez vos guêtres, Vos discours sont entendus, Les plus loyaux sont des traîtres, Les plus purs sont des vendus !

MANON. Elle échappe à Bosc et court au-devant des vociférations.

Vous qui parlez de trahison, laquelle Ont-ils commise ?

DIVERS

Des tyrans Ils sont complices et garants !...

A bas Roland, et mort à sa séquelle !

MANON

S*ils ont faibli l'un d'eux au moins, et j'en réponds, A dû surgir pour briser nos entraves !... Mais non tous les Girondins sont des braves î

DIVERS

Ils sont pendus à des jupons!

Un tendron les traîne à sa cotte !

LE SANS-CULOTTE

Coco Roland a sa cocotte !

C'est le poulailler aux chapons !

MANON

Pauvre foule ignorante et peut-être affamée, Qui méconnais tous ceux qui t'ont le mieux aimée. Déchire donc un sein qui ne bat que pour toi... La femme de Roland c'est moi î

LA FOULE

A la lanterne !

(La foule entoure Manon.) MANON, résolument.

Allons ! et qu'elle vous éclaire !

BOSC, se jetant devant elle.

Une femme, messieurs, patriotes, français !...

VERMASSE, s'interposant.

Sans-culottes ! Je réponds d'elle ! Point d'excès Dans le civisme î

LA FOLLE

A mort !

(Buzot et Barbarous paraissent au fond.) MANON

Est-ce là le salaire ?

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