LE PATRIOTE
Il s'est tu Quand le silence était d'un lâche !
DIVERS
ïl n'avait qu'à dire un mot, La tyrannie était morte !
Et Gapet prenait la porte, Lui, sa femme et leur marmot î
D'AUTRES, sous le balcon de Roland.
Girondins, bouclez vos guêtres, Vos discours sont entendus, Les plus loyaux sont des traîtres, Les plus purs sont des vendus !
MANON. Elle échappe à Bosc et court au-devant des vociférations.
Vous qui parlez de trahison, laquelle Ont-ils commise ?
DIVERS
Des tyrans Ils sont complices et garants !...
A bas Roland, et mort à sa séquelle !
MANON
S*ils ont faibli l'un d'eux au moins, et j'en réponds, A dû surgir pour briser nos entraves !... Mais non tous les Girondins sont des braves î
DIVERS
Ils sont pendus à des jupons!
Un tendron les traîne à sa cotte !
LE SANS-CULOTTE
Coco Roland a sa cocotte !
C'est le poulailler aux chapons !
MANON
Pauvre foule ignorante et peut-être affamée, Qui méconnais tous ceux qui t'ont le mieux aimée. Déchire donc un sein qui ne bat que pour toi... La femme de Roland c'est moi î
LA FOULE
A la lanterne !
(La foule entoure Manon.) MANON, résolument.
Allons ! et qu'elle vous éclaire !
BOSC, se jetant devant elle.
Une femme, messieurs, patriotes, français !...
VERMASSE, s'interposant.
Sans-culottes ! Je réponds d'elle ! Point d'excès Dans le civisme î
LA FOLLE
A mort !
(Buzot et Barbarous paraissent au fond.) MANON
Est-ce là le salaire ?