SCÈNE IV
Les Mêmes. GILBERTE
XAVIER Qu'as-tu ?
FLORE
Oh ! je pressentais si bien quelque chose ! Ma pauvre enfant, que tu es pâle !
XAVIER
Parle, je t'en supplie. (Il l'assied.) Que t'arrive-t-il?
GILBERTE
Je ne sais pas. Je dormais. (Avec un geste comme pour arracher un voile.) îfiais je dors encore! C'est affreux. Sortezmoi de cette ombre. Réveillez-moi. Mais réveillez-moi donc.
FLORE, ù Xavier.
Il y a des sels dans ma corbeille, (ils lui passent un flacon
sous les narines.)
GILBERTE
C'est cela. Encore. Je suis morte.
FLORE
L'étrange somnolence !
XAVIER
Que t'arrive-t-il? sœurette... c'est moi... ton frère... Xavier... Parle !...
FLORE a sonné, un domestique entre.
Le docteur, tout de suite. [Exit le domestique.;)
GILBERTE, à Xavier.
Je ne puis rien te dire. Je dormais. Je croyais Maxime à mes côtés. Je l'ai vu, tout à coup, debout, devant le lit, décomposé, livide, pareil à un fantôme. Il tenait le revolver sur mon front... Pourquoi?... Pourquoi?... Pourquoi me tuer?... Puis il n'était plus là. J'ai entendu crier Catherine.... Des cris de folle... Il la jetait à la rue!... Je me suis levée... Le chien hurlait... J'ai compté six coups de feu... Oui six... Alors... me voilà ! Réveillez-moi, par pitié ! Ah ! (EHe s-'endort.)
XAVIER
Elle est narcotisée.
FLORE
Emporte-la sur mon lit.
(Xavier emporte sa sœur, aidé de Flore. Maxime paraît à la porle au fond.)