SCÈNE III Les Mêmes, MAXIME
LIVOURNET
Ah ! vous voilà... Qu'est-ce que vous devenez ?
180 THEATRE D'EMILE BERGERAÏ
MAXIME
J'ai erré, je ne sais où, c'étaient des bois. Mais laissons cela. Elle est ici.
Qu'est-ce que tu lui veux '.'
MAXIME
Encore? Je veux la voir.
LIVOURNET
Pardon, si je permets.
MAXIME
Mais je suis son mari, docteur.
LIVOURNET
Mais je suis son docteur, mari.
MAXIME
Vous me défendez de voir Gilberte?
LIVOURNET
Je ne dis pas cela. Mais vous étranglez, mon cher.
MAXIME
Oh! Livournet... C'est à peine si je me tiens debout!... Je ne suis pas bien redoutable, mon ami. Et puis je l'aime tant !...
LIVOURNET
S'il en est ainsi ! Mais je dois vous avertir, Maxime, et ici c'est le médecin qui parle. Votre femme a le cœur malade... il faut être d'une prudence extrême avec elle. La moindre émotion un peu violente peut
lui être fatale, vous m'entendez bien, fatale. J'ai une responsabilité avec un homme de votre violence.
MAXIME Je m'en vais !...
XAVIER
Maxime.
MAXIME
Ainsi, vous me la reprenez, celle que vous m'aviez donnée tous les deux. Je n'ai plus le droit de l'aimer, d'entendre sa chère voix, de m'enivrer de ses regards, de m'embaumer de son souffle!... Soit, mais je vous jure, moi, que je ne puis pas vivre sans elle...
FLORE, à Xavier.
L'aime-t-il à présent ?
MAXIME
Adieu.