‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 79 sur 135 · LE DRAPIER · texte numérisé non relu

LE DRAPIER

Pas un chat ! vous voyez.

ENGUERRANDE 217

ORLIZ

Monsieur, lisez Bichat.

Si la rue est au chien, la maison est au chat.

LE DRAPIER, riant.

Vous êtes en gaîté. Quelles nouvelles?

ARIAS, funèbre.

\ Somhres !

Il venait de manger une caille aux concombres...

ORLIZ

Ainsi que vous et moi l'eussions fait, quand soudain, Au moment d'attaquer un énorme houdin... Blanc, je crois,...

ARIAS

Il porta la dextre à l'épigastre...

ORLIZ, lyrique.

Et sa digestion se fit dans un autre astre !

LE DRAPIER, levant les mains.

Le roi Jean Trois est mort ?

ARIAS

Non... 11 est décédé Seulement. Roi ne meurt.

ORLIZ

Et c'est l'abécédé Du principe.

(Bas à l'oreille.)

Jouez cependant à la baisse.

ARIAS, il prend le bras d'Orliz et va au perron.

Je te gage un goujon contre une bouillabaisse Que si le roi n'est pas mort, il aura vécu A l'heure où, cette nuit, monsieur sera cocu.

ORLIZ, revenant au drapier.

Tablez expressément sur cette concordance.

(Il lui serre la main.)

ARIAS, même jeu.

Et que vos cornes soient des cornes d'abondance !

(Ils entrent chez Gaétan.)

LE DRAPIER, furieux, les apostrophant.

Mauvais drôles ! Gibier de gibet ! Les coquins ! Artistes !... Ce n'est pas assez : Républicains ! Voilà les conseillers dont s'entoure le Prince !... La jeunesse!... Rentrons : la mâchoire me grince.

(Il rentre.)

Page 1