NUE. M A
Non !
GAÉTAN
L'homme que tu dépeins m'a donc volé mon nom ? Continue.
NOEMA
Il faudrait qu'elle vous comprit, celle Qui demoiselle aitière ou simple demoiselle, Piquera votre cœur sanglant dans ses cheveux ! Votre rêve est trop vaste : il est pour nos neveux. Ne vous mariez pas.
246 THÉÂTRE D'EMILE BERGEUAT
GAETAN
Pour savoir tant de choses Sur ma personne, as- tu l'art des métamorphoses, Petite fée, ou bien endors-tu mes valets ?
Je suis l'enfant qui vend des fleurs sous le palais.
GAETAN
Je ne t'avais jamais regardée, ou je meure !
NOEMA
Jamais.
GAETAN
Ainsi c'est toi qui mets dans ma demeure L'air embaumé, salubre et libre des forêts ? Et tu m'as refusé mon...
(Il montre le manteau.)
NOEMA
Je préférerais La grâce de mon père.
GAETAN
Achète-la toi-même.
NOEMA
Par quoi?
GAETAN
Par un baiser.
NOEMA
Monseigneur, quand on aime On les donne ; sinon les baisers sont des prêts. La liberté d'abord et le baiser après.
(Elle se sauve.)