‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 96 sur 135 · SCÈNE VI GAETAN, ORLIZ. ARIAS, venant de la forêt · texte numérisé non relu

SCÈNE VI GAETAN, ORLIZ. ARIAS, venant de la forêt

ARIAS

Cherchons de ce côté.

Tiens !... le voici. Mon cher, un, deux, trois, vent arrière Je crois que nous avons tout Palerme au derrière, Décampons.

GAETAN

Laisse-moi.

ENGUERRANDE 249

OREIZ

Bigre ! mais c'est urgent.

Ton cas, jeune chasseur, est d'être diligent. La couronne te pend au nez, comme une tourte Au front d'un pâtissier. La route la plus courte Est la droite. Filons.

ARIAS

Ton cheval t'a trahi.

GAETAN

Quand je dis : laissez-moi, je veux être ohéi.

ORL1Z à Aiias.

Sous sa peau de mouton le lion se réveille.

GAETAN

Amis, pardonnez-moi, je délire.

ARIAS

A merveille.

Seulement ton délire est grave, amèrement, Car ils viennent à toi, comme à l'enterrement De Malhorough, portant, l'un, des clefs, l'autre, un sabre. Le dernier officier, individu macabre, D'écarlate vêtu, tend à savoir jusqu'où Le diamètre exact du cercle de ton cou S'allonge.

ORL1Z

Et d'autre part l'officier qu'il escorte. Sur un coussin, brodé divinement, t'apporte Les clefs d'un coffre-fort appelé Royauté. S'ils te prennent, tu dois, en toute loyauté, Choisir entre le sabre et les clefs.

ARIAS

Une barque, Que nous avons trouvée au fond d'une baie, arque Pour te sauver, son mât sous la brise...

GAETAN

Merci.

(Enguerraude apparaît.)

C'est Elle. Allez-vous-en, je veux mourir ici.

(Il les chasse d'un geste. Ils sortent.)

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