SCENE PREMIERE CLODOMIR, JUSTINE
CLODOMIR, montant de la trappe, portant une pile de coussins.
Ouf ! je n'avais jamais eu la curiosité de monter sur le toit de la maison. C'est pourtant une jolie terrasse à l'italienne.
JUSTINE
Il ne doit pas y faire chaud .l'hiver.
CLODOMIR
Non. Mais j'en accuse plus l'architecte que le climat. Ce « prix de Rome » n'aura point pensé au climat de Seine-et-Oise. Mais en elle-même, la terrasse est charmante. On s'y marierait !
JUSTINE
Pour un homme si instruit, vous ne pensez qu'à ça, Monsieur Clodomir.
CLODOMIR
Je suis sûr que vous ne comprenez rien à ce qui se passe ici depuis quinze jours ?
JUSTINE
Monsieur et Madame s'amusent à rouler le capitaine.
CLODOMIR
Le rouler, lui ? Naïve jouvencelle !
Jamais le joli couple ne s'est tant bécoté ! On ne sait plus où se mettre pour ne pas les voir.
CLODOMIR
Derniers feux de la lune de miel. Voici l'aurore du ménage à trois, réglé par Dieu lui-même.
JUSTINE
Vous croyez que le capitaine?...
CLODOMIR
Si je crois! Son heure sonne.
JUSTINE
Mais on lui fait une vie affreuse ici depuis quatorze jours !