‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 109 sur 123 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Moi, je ne veux pas que tu te battes.

ADRIEN

Comment, tu ne veux pas?

MICHELINE

C'est bien simple, je te le défends, ou je retourne chez mes parents.

ADRIEN

Eh! bien, mais... sais-tu que ton idée est excellente! Va voir ta mère. J'irai lui demander à déjeuner demain et je te ramènerai... après le whist.

MICHELINE

C'est très sérieux. Si j'y vais, j'y reste, chez ma mère et pour toujours.

ADRIEN

Est-ce à ce point? Miséricorde !

MICHELINE

Et je demande la séparation.

ADRIEN

Et pour quelle raison ? Je serais curieux de le savoir.

MICHELINE

Pour cause d'injure grave. Ce duel en est une pour ta femme. Ainsi, choisis : le duel ou moi.

ADRIEN, nerveux.

Allons, je ne me trompais pas... Tu en as pour le capitaine.

MICHELINE, avec force.

Moi ? Oh !

Parfaitement. Cet ostrogoth t'attendrit. Si tu t'imagines que je ne m'en aperçois pas? Tu le ménages !

MICHELINE

Que te faut-il donc ! Le pauvre homme!

ADRIEN

C'est cela, plains-le! Tu en es à la pitié! C'est comme cela que ça commence, parbleu !

MICHELINE

Puisque c'est ainsi, je l'avoue. Nous l'avons très mal jugé ! Supporter comme il la supporte depuis quinze jours l'hospitalité atroce qu'il reçoit ici, se laisser duper, berner, bafouer, mortifier même, sans une défaillance d'humeur, toujours souriant, la fleur aux lèvres, ce n'est ni d'un couard, ni d'un sot, et cela me touche à la longue !...

ADRIEN, sarcastique.

Tu ne vois plus ses cornes !

MICHELINE

Adrien, est-ce toi qui parles?

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