SCENE VI ADRIEN, MICHELINE
MICHELINE
C'est notre premier dissentiment. Tu en vois l'effet sur les domestiques.
ADRIEN
Je les flanquerai demain à la porte.
MICHELINE
Et ils iront raconter les choses à leur manière; celle des valets chassés.
ADRIEN
Oui! J'aurais dû choisir le duel dès le premier jour. Nous avons eu tort de vouloir nous amuser. On ne joue pas avec le feu!
MICHELINE
C'est ma faute, pardonne-moi.
ADRIEN
Pas du tout, c'est la mienne! Et puis, le comte et le vicomte attendent en bas.
MICHELINE
Qu'est-ce que tu leur as dit en somme ?
ADRIEN
Tout.
MICHELINE
Alors évidemment, maintenant, il faut te battre.
ADRIEN
N'est-ce pas?
MICHELINE
Bats-toi.
ADRIEN Merci. (Il l'embrasse.)
MICHELINE
Bats-toi, puisque tu n'as pas confiance, malgré quatorze jours de preuves, puisque tu doutes de ta femme. (Elle pleure.) Ah! mon Dieu ! Toi, Adrien!
ADRIEN
Ah! ne pleure pas. J'ai eu trois duels et je suis là.
MICHELINE
C'est lui.
Va, je le recevrai.
MICHELINE
Tu m'excuseras alors auprès de lui...
ADRIEN
De quoi?