‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 15 sur 123 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, GUAY, LA MARÉCHALE

GUAY, à la Maréchale à la porte.

Encore deux marches, Madame, et nous y sommes. Vous n'avez plus qu'à franchir le seuil. Voici mon atelier et mon élève.

LA MARÉCHALE

Cornebœuf, Monsieur, que vous perchez haut! Ce n'est pas un atelier, c'est une montgolfière. (A la Pompadour.) Me voici, mon ange, mais laissez-moi d'abord reposer mes ailes ! J'ai pris votre carrosse pour me tirer de ce dédale des rues du Temple. Nous rentrerons ensemble à Versailles.

GUAY

Il n y a plus qu'à pousser le verrou et vous serez tranquilles. Personne ne vous dérangera ici, (A du Hausset.) ni le diable, Madame, (A la Maréchale.) ni le comte de Saint- Germain.

LA MARÉCHALE, se levant d'un bond.

Qui, le comte de Saint-Germain, le mage?... Vous l'attendiez?

Il m'avait annoncé sa visite.

LA MARÉCHALE

Courez, il n'y a pas d'être sur la terre que je désire autant connaître ! Lo comte de Saint-Germain! Mais la cour et la ville ne parlent plus que de lui. C'est l'homme du jour ! Oh ! vite ! Dites qu'on le laisse monter.

GUAY

Trop tard, Madame. Il était déjà venu et il a disparu sans rien dire au portier, on ne sait comment, ni par où.

LA MARÉCHALE

Ah!

LA POMPADOUR

Êtes-vous si curieuse de ce mystificateur? On ne voit plus que de ses pareils ! C'est banal aujourd'hui. Je vous en ferai connaître vingt autres.

GUAY

Je vous laisse, Mesdames.

44 LA POMPADOUR

LA MARÉCHALE

Mon>:"ur l'aérostier, où serez-vous pour me redescendre !

GUAY, montrant sa chambre.

Là, dans ma chambre. J'y ferai mon lit, de mon mieux.

LA POMPADOUR

Du Hausset vous en montrera l'art !

C'est le seul où je puisse vous enseigner quelque chose.

GUAY

Venez, Madame.

(Guay et du Hausset sortent à gauche.) |

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