‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 90 sur 123 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

ADRIEN, taquin.

Le proverbe est formel... l'amant perd.

Voire femme me l'a déjà dit. Vous y croyez, vous, à la sagesse des nations?

ADRIEN

Je suis payé pour ça. A Alger j'en étais de dix louis tous les soirs.

C'est vrai. Mais un problème : Quand il y a deux maris à une table, quel est celui qui doit perdre à l'écarté?

ADRIEN

Le moins mari des deux, dit l'oracle.

BLOMET

Alors, c'est moi.

ADRIEN

Pourquoi ?

BLOMET

Dame!... je suis veuf! J'ai toutes les cliances!

ADRIEN

Nous allons voir.

BLOMET

A qui la donne?

ADRIEN, il retourne une carte.

Sept.

DLOMET

L'as !

ADRIEN, riant

Ah!

BLOMET

Évidemment.

ADRIEN

Alger

persiste.

BLOMET

Un peu, mais ce n'est rien. Quelque vieux reste de chance. Mais ça diminue, lieutenant, je vous assure que ça diminue. J'en ai la sensation en vous parlant. C'est comme un ange gardien qui s'en va tout doucement!... Adieu, hel ange! Mais je reconnais qu'hier encore j'avais l'écarté infaillible.

ADRIEN

Comme le pistolet, capitaine.

BLOMET, battant les cartes.

Le pistolet, c'est de l'adresse. Combien la fiche?

Toujours comme à Alger.

BLOMET

Entendu. Coupez lieutenant. (Il distribue les cartes.] Sans indiscrétion, quel est son petit nom à votre femme'.'

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