ACTE II
ADRIEN, taquin.
Le proverbe est formel... l'amant perd.
Voire femme me l'a déjà dit. Vous y croyez, vous, à la sagesse des nations?
ADRIEN
Je suis payé pour ça. A Alger j'en étais de dix louis tous les soirs.
C'est vrai. Mais un problème : Quand il y a deux maris à une table, quel est celui qui doit perdre à l'écarté?
ADRIEN
Le moins mari des deux, dit l'oracle.
BLOMET
Alors, c'est moi.
ADRIEN
Pourquoi ?
BLOMET
Dame!... je suis veuf! J'ai toutes les cliances!
ADRIEN
Nous allons voir.
BLOMET
A qui la donne?
ADRIEN, il retourne une carte.
Sept.
DLOMET
L'as !
ADRIEN, riant
Ah!
BLOMET
Évidemment.
ADRIEN
Alger
persiste.
BLOMET
Un peu, mais ce n'est rien. Quelque vieux reste de chance. Mais ça diminue, lieutenant, je vous assure que ça diminue. J'en ai la sensation en vous parlant. C'est comme un ange gardien qui s'en va tout doucement!... Adieu, hel ange! Mais je reconnais qu'hier encore j'avais l'écarté infaillible.
ADRIEN
Comme le pistolet, capitaine.
BLOMET, battant les cartes.
Le pistolet, c'est de l'adresse. Combien la fiche?
Toujours comme à Alger.
BLOMET
Entendu. Coupez lieutenant. (Il distribue les cartes.] Sans indiscrétion, quel est son petit nom à votre femme'.'