ACTE II
BLOMET
Oh ! plus corsée ! bien plus corsée!
ADRIEN
D'Arles !
Farceur.
De Milo alors ?
BLOMET
ADRIEN
BLOMET
Ingrat ! Tant pis pour vous, du reste ! Vous n'aviez
qu'à VOUS Servir. (Il relève son jeu.) Fichtre ! (Il le pose.) Si
nous attendions à demain pour continuer la partie ?
ADRIEN
Jamais de la vie : pourquoi ?
BLOMET
Parce que... parce qu'elle est inégale... J'ai encore un jeu de Ménélas... le vôtre!... Il est clair qu'il est trop tôt.
ADRIEN
L'ange gardien se fait tirer de l'aile !
BLOMET
Il y aurait bien un moyen, mais vous ne voudrez pas ?...
ADRIEN
Dites toujours.
BLOMET
En donnez-vous ?
ADRIEN
Des cartes?
IîLOMET
Oui, parce que si vous en donnez, je renfonce les cinq autalon et j'en prends d'autres. Vous nepouvez pas avoir toutes les mauvaises !
ADRIEN
Les plus basses et pas un atout.
BLOMET, se levant.
Alors, rien à faire encore pour aujourd'hui.
ADRIEN
A qui perd gagne, voulez-vous ?
Ça, c'est gentil. Merci. Mais alors, pendant que nous y sommes, prenez ma place et donnez-moi la vôtre. Bien. Je fais le jeu, sacrebleu !... Coupez... (ii donne les cartes.) Trois pour vous, trois pour moi, et les deux autres. Voici l'atout... un instant, ne ramassez pas. (il regarde son jeu.) Non, elles sont trop belles encore. Echangeons nos cartes. A présent je vais jouer de dos, au hasard, à tâtons... Ça y est-il?... Vous pouvez tricher... (il regarde ses cartes.) Mais, tenez, ce n'est pas la peine, quatre sept et un huit, le jeu du berger Paris cette fois. La voilà, la réussite demandée !
ADRIEN
Comment ?