AVANT-PROPOS
Je n'ai rien à dire sur celte publication de mes essais dramatiques si ce nest quelle représente, en cinq tomes, trente-cinq années de lutte, non sans courage peut-être, pour la vie théâtrale. Il n'y a pas à se dissimuler qu'elle gagnerait beaucoup à être posthume. Mais ils n'ont pas pu me tuer, ce nest pas ma faute. On cite d'autres exemples de cette récalcitrance. C'est ainsi que Damiens, écartelé à quatre percherons et tronqué des jambes et des bras, bombait encore du torse !
Si je m abuse sur un don scénique, dont les divers ouvrages de ce recueil permettront au public de décider à loisir, je revendique pourtant ici — car c'est l'heure et le lieu, — la gloire d'avoir, par trois mots prompts comme des revers de main, arraché le masque du visage aux imbéciles tyranneaux, éternels, j'en ai peur, de notre art national. Ces trois mots, tombés dans le courant du verbe et
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portés par l'usage à V Académie, dont ils forceront certainement la porte avant leur auteur, sont : tripatouillage, Cabotinville et soireux. Ils résument toute V historiographie des mœurs théâtrales de mon temps.
Encore nai-je eu ni le mérite, ni la peine d'en inventer le néologisme, car ils étaient et sont toujours les noms de trois des quatre chevaux de mon écartèlement légendaire et typique.
Emile Bergèrat.
Novembre 1899.