SCENE III L'ABBÉ, HONORÉ
HONORÉ, sans voir L'abbé.
Personne ?
L'ABBE
Pardon! Moi. Qu'est-ce que tu viens faire ici?
HONORÉ
Tu le verras de reste.
L'ABIiÉ
Non, dis-le moi.
HONORÉ
Lis.
L'ABBÉ
Un acte de reconnaissance de Philippe Givron ! Et tu crois qu'il le signera ?
HONORÉ
J'en suis sûr, maintenant.
L'ABBÉ
Écoute. Hélène aime Philippe. La vocation de nonne chez elle, je n'ai pas besoin de te le dire, est nulle. Elle pleure et l'appelle depuis un an. Demain, cependant, elle sera carmélite, si tu présentes ce papier à Philippe.
HONORÉ
Si elle est trop noble pour épouser Philippe d'Argeville, il n'y a que le Christ, en effet, qui soit digne d'être son époux.
L'ABBÉ
Ne l'appelle pas Philippe d'Argeville.
HONORÉ
Pourquoi donc, s'il est mon fils,... et il l'est !
L'ALBÈ
Est-ce là ce que tu viens lui apprendre ?
HONORÉ
Oui.
L'ABBÉ
Je ne serai pas deux fois témoin de la manière dont il parle de son père naturel. Je te laisse.
HONORÉ
A ton aise.
L'ABBÉ
Tu es décidé à cette folie ?
HONORÉ
Par ma terreur de Dieu, oui ! vous oubliez tous que je souffre, moi aussi, et que je l'aime.
L'ABBÉ
Tu l'aimes, toi? Est-ce l'enfant que tu aimes, ou l'héritier ?
HONORÉ
L'un et l'autre, je ne distingue pas.
L'ABBÉ
Je t'avertis qu'en qualité d'oncle, je vais prévenir Hélène.
Préviens-la.
L'ABBÉ
C'est notre devoir : tu la déshérites, par ce papier. René n'avait rien.
HONORÉ
Tout est prévu, elle est dédommagée.
!i4 THEATRE D'EMILE BERGERAT
L'ABBÉ
Elle est ici, tu sais.
honoré Tant mieux !
L'ABBÉ
Veux-tu la voir '.'
HONORÉ
Si tu y tiens.
L'ABBÉ, frappaal à la porte d'Isolé.
Hélène !
Reulre Isole.