‹ ThéâtreChapitre 57 sur 121 · VALENT! M · texte numérisé non relu

VALENT! M

11 ne s'agit que d'un dîner de famille. C'est aujourd'hui ma fête, et ce serait la première fois que mon frère... mais vous ne pouvez me comprendre.

MARIA

Je comprends tout ce qui est clair, madame, et le cœur parle toujours clairement.

VALEXTLNE

Que voulez-vous dire ?

MARIA

Rien que de bien simple. M. Nalis a des devoirs de famille et vous venez les lui rappeler. Croyez, madame, que ce n'est pas moi qui le détournerai de les accomplir. D'ailleurs, comment pourrais-je en être jalouse? Votre fête à vous est aujourd'hui ; la mienne, à moi, est tous les jours.

La famille de Frédéric ne songe pas à engager la lutte contre une personne aussi habile que vous pa-

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raissez l'être. Elle se contente de l'aimer à sa manière, délicatement, durablement et patiemment ; cet amourlà a ses dates sacrées et c'est une de ces dates qu'elle lui rappelle, voilà tout.

MARIA

Aussi, vous répétai-je que le mien n'a pas de dates et que je ne suis point jalouse.

VALENTINE

S'il en est ainsi, je vous prierai donc de nous le laisser ce soir.

MARIA

Mieux, madame, je le déciderai, s'il hésite.

VALENTINE

Mais il n'hésitera pas, madame.

MARIA

Quelle assurance !

VALENTINE

Les affections de famille ont ceci de particulier, qu'elles ont pour elles la certitude.

MARIA

Les autres ont le serment, madame.

Excusez-moi, madame, j'appartiens à un monde qui, en amour, ne connaît qu'un serment, le premier.

MARIA

Ce monde-là vous a faite bien hère, et il est permis de dire qu'il vous a mal appris la vie s'il ne vous a pas mieux enseigné la pitié.

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