ACTE TROISIÈME
bohu, mon père invisible, insaisissable! Je n'ai pas pu causer avec lui.
Ckcii-e. — Qu'auriez-vous dit? Il vous refuse son consentement.
Akdré. — Il accepte bien de s'entendre avec M. Ferrier pour les élections...
Cécile. — Les événements l'y contraignent. André. — Mais il se rebelle à l'idée de notre mariage. Je le reverrai ce soir. Il cédera... ou bien je lui réserve un tour de ma façon.
Cécile. — Vous savez qu'il doit venir ici à cinq heures !
André. — Oui. Avec Mgr de Belmont et Mme Errazura. (Près d'elle.) Ah ! ma chère Cécile, je...
Téléphone.
Cécile, à l'appareil. — Allo!... Ah! bonjour, monsieur le secrétaire général... Oui, c'est moi... Oh! impossible en ce moment. Papa est occupé. Il ira à la mairie ce soir, à neuf heures... Au fait, non... On l'attend au comité... Eh bien, à onze heures... Dites à ces messieurs qu'il sera à la mairie entre onze heures et minuit.
Elle accroche le récepteur.
André. — C'est à vous dégoûter d'être candidat. (Près de Cécile.) Ah! mademoiselle Cécile, je...
Madame Gidon, entrant brusquement. — BonjouF, mademoiselle Cécile. Tiens, bonjour, monsieur de Riols... Mon mari n'est pas ici?
Cécile. — Non!
Madame Gidon. — Et M. Martin?
Cécile. — Pas davantage.
Madame Gidon. — Que font-ils, mon Dieu? Je ne les vois plus. Mon mari est parti à sept heures. Il devait venir déjeuner avec M. Martin. Ils ne sont pas rentrés.
André. — J'ai aperçu M. Gidon chez un marchand de vins, au milieu d'un tas de gens mal vêtus et qui braillaient.
Madame Gidon. — Ah!... des électeurs. (A Cécile.) Mais quelles difficultés pour arriver jusque chez vous !
Cécile. — Pourquoi? Un rassemblement ? Les grévistes?
Madame Guvo.n . — Non. Le panier à salade avec l'abbé Mitaine. La foule l'entourait. Cinq cents personnes se bousculaient, en criantv les unes : « A la rivière ! » les antres : « Vive l'abbé ! » On s'est donné des coups. Je suis persuadée qu'il est coupable ce paillard.
André. — Moi, qu'il est innocent.
Madame Gidon. — Vous osez soutenir?
André. — Oui, madame, oui, je le soutiens.
Madame Gidon. — Et les charges qui pèsent sur lui?
André. — Quelles charges ?
Madame Gidon. — D'abord...
Cécile, intervenant. — Ah! non, non!... Depuis lundi j'entends des discussions pareilles. En voilà assez.
Madame Gidon. — L'affaire de ce scélérat passionne la ville.
André. — On ne parle que de ce pauvre abbé...
Madame Gidon. — Et l'événement profite à M. Maréchal, qui mène une campagne enragée contre M. Mitaine.
Cécile. — Mon père ne chargera jamais un accusé.
M.vdame Gidon. — Comme il a tort! S'il flétrissait