I.AUREKT. — Certainement, tu n'as rien à craindre
Madame Reynard. — Tu as quitté la chambre trop tôt.
MxTHiLDE. — La sortie de ce matin t'a fatigué.
Reynard, désolé. — Je ne voudrais pas vous abandonner déjà... Je vous suis encore utile.
Roux. — A quoi diable allez-vous songoi' là?
Madame Reynard. — Ça n'a pas le sens commun.
Laurent. — Tu n'as besoin que d'un peu de repos.
Roux. — Il ne faut plus vous occuper de la fabrique. Vous n'avez qu'à nous donner des instructions... on les suivra de point en point. Prenez des mesures... comme si elles devaient être définitives. Vous vivrez alors libre de tout souci.
Madame Reynard. — Certainement. Si du jour au lendemain, tu devais ne plus l'occuper de rien, grâce à tes précautions, il n'y aurait aucun accroc... et la fabrique continuerait à marcher.
Mathilde. — Rien n'est fâcheux... comme d'être surpris par les événements.
Roux. — Je suis persuadé, notez-le, que dans six mois, vous dirigerez encore vous-même la maison.
Laurent. — Selon ce que dira le docteur, tu pourras peut-être, dans trois mois, reprendre tes occupations.
Mathilde. — Cela n'engage à rien papa de faire connaître aujourd'hui ses volontés.
Roux. — Sans doute... Cela ne l'engage à rien... On ne s'en porte pas plus mal après... et l'on sait... que l'on peut tranquillement... s'en aller... faire un voyage... ne plus s'occuper de ses affaires. Si j'avais des enfants, dès leur naissance, j'écrirais un petit papier... pour parer à tout... Voilà qui vous met l'esprit en repos. On envisage l'avenir avec sérénité. On sait que rien ne souffrira de votre absence.
Reyisard, après un silence. — Oui... VOUS avez raison. ,1e verrai mon notaire. Puis, je me reposerai, pendant quelques mois.