ACTE DEUXIÈME
Mathilde. — Sans doute dans son secrétaire.
Roux. — Où a-tu trouvé celle dont tu parlais tantôt?
'Mathilde. — Elle avait oublié de fermer un tiroir. Je suis entrée, par hasard, dans sa chambre, et je l'ai vue.
Roux. — Tu n'as pas pensé à regarder... si....
Mathilde. — Non.
Roux. — Fâcheux, cela. Il faudrait s'assurer que... (Silence.) S'assurer.... (A Laurent.) N'est-ce pas, Laurent?
L\URE>T. — Oui... peut-être....' (A Maibilde.) Il te serait facile....
Mathilde. — Ah!... non... ça, non.
Roux. — Cependant, je ne vois pas d'autre moyen...
Mathilde. — Non, non, non, non.
Roux. — Si ta mère soupçonne quelque chose, et elle est très fine, elle détruira ces lettres.... Alors, plus de preuves. Jamais nous n'arriverons à persuader à ton père qu'elle l'a trompé.
Mathilde. — Oh ! je ne me charge pas d'une mission pareille.
Laurext. — Mais....
Mathilde. — Va les prendre, toi.
Laurent. — Tu entres tout naturellement chez maman. Nous lui .donnerions l'éveil si elle nous apercevait dans sa chambre, Louis ou moi.
Roux. — Ces lettres en main, nous sommes les maîtres de la situation. Réfléchis bien, Mathilde : si ton père est averti indirectement, si quelque scandale éclate, si ta mère est déshonorée, ce sera par ta faute. Nous pourrions étouffer l'affaire, la régler entre nous. Laurent. — En famille.
Mathilde. — Eh bitMi, attendez, je \ah consulter mon confesseur.
Iloi;x. — Je m'y oppose; ne mettons pas un tiers dans nos affaires.
Matuilde. — L'abbé Garnier est di.-ciet. Puis je ne nommerai personne.
Roux. — Non... non... non
Lal're.nt. — A quoi bon consulter ton confesseur? Il n'y a pas là un cas de conscience.
RoLx. — D'ailleurs, rien ne prouve que tu trouveras ces lettres.
Laurékt. — C'est vrai, maman peut n'en avoir plus.
Roux. — Et il est absolument nécessaire que nous soyons fixés sur ce point (.\près un silence.) Allons, c'est convenu, tu es décidée ?
Mathilde, hésitante. — Décidée!... Décidée!...
Roux. — Il le faut, ma chérie. Tu penses bien que je n'insisterais pas auprès de toi, comme je le fais, si j'entrevoyais un autre moyen de nous emparer de ces lettres. Mais il n'y en a pas. Il faut te dévouer.
Mathilde, après un silence. — Si c'est indispensable....
Roux. — Indispensable.
Mathilde. — Alors... dans ce cas... et puisque vous l'ordonnez tous les deux....
Laurent. — Nous te prions.
Mathilde. — ■ Moi, j'exécute vos ordres.,.. Je... chercherai ces lettres.
Laurent et Roux. — Ah!
Roux. — Quand?
Mathilde. — Ça, je n'en sais rien.... Laissez-moi trouver une occasion favorable.