‹ ThéâtreChapitre 50 sur 174 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

que nous en trouvions une, dans do pareilles conditions, seriez-vous d'avis qu'on l'achetât?

Madame Rey!»ard. — Je ne m'occupe pas de la fabrique.

Roux. — Maintenant... sans doute... Mais si vous possédiez une jour cette fortune que votre mari vous laisse....

Madame Reynard. — C'est vous qui aurez al fabrique, je ne m'en occuperai pas davantage.

Roux. — Oh! pardon.... Je ne pourrai rien faire sans vous, et précisément, je tiens à savoir dès aujourd'hui si vous répugneriez à l'idé'e de m'aider un peu.

Madame Reïnard. — Comment cela ?

Roux. — Dame! .Je n'aurai pas d'argent, moi, puisque vous aurez tout. Pour certains projets que j'ai exposés à Laurent, deux ou trois cent mille francs me seraient nécessaires. Consentiriez-vous à me les avancer en ce moment ?

Madame Revïnard. — Moi ?

Roux. — Prendre comme commanditaire un étranger est toujours périlleux; tandis que vous, au contraire....

Madame Reynard. — Non... je n'entends pas aventurer ma fortune.

Roux. — Oh ! belle-maman.... Vous n'auriez pas confiance en moi? Voyons, je vous servirais de gros intérêts.

Madame Rey.nard. — Votre combinaison ne me dit rien. Vous retrouverez ma fortune plus tard. Vous en disposerez à votre gré.

Uo*. — Il faudra la partager avec votre fils. Ma part sera trop faible encore pour me permettre de brasser de grosses affaires.

Madame Rey.nard. — Vous vous entendrez avec Laurent.

Roux. — Laurent... Laurent.... il aura vite mangé ce qui lui reviendra.

Madame Reynard. — Tant pis. Ça le regarde.

Houx. — Votre fortune est à vous. Vous devez désirer qu'on en fasse le meilleur usage possible. Vous avez deux enfants, et puisque la loi vous laisse la libre disposition d'un tiers....

Madame Rey.nard. — Eh bien?

Roux. — Vous pouvez... donner ce tiers... à quelqu'un.

Madame Rey.nard. — Pourquoi déshériterais-je mon fils ?

Roux. — Oui parle de le déshériter? Une centaine de mille francs ne le ferait pas plus riche. Monte-Carlo et ses amis du cercle en profiteront seuls. Puis, il est garçon, il n'a pas d'enfants....

Mad.ame Rey.nard. — Vous non plus.

Roux. — Laurent n'est pas marié. Je le suis. Je puis en avoir.... Même, si j'étais sûr de posséder un jour une somme un peu rondelette — eh! eh î^ vous seriez peut-être bientôt grand'mère.

Madame Rey.n.ard. — Et si Laurent se marie à son tour?

Roux. — Oh' ça....

M.adame Reyrard. — Enfin! c'est possible. Et s'il a des enfants? Ce sont eux que j'aurais frustrés....

Roux, avec une colère concentrée. — Bref, VOUS ne VOulez

rien faire pourmoi? C'est parfait... parfait.... Au revoir, belle-maman.

Madame Rey.nard, étonnée. — Quoi? Quoi?

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