ACTE QUATRIÈME
Uoux. - J'en suis sûr. Parbleu! La voilà sa vengoance. Oh. Elle n'a pas perdu de temps. Eu trois jours elle a combiné sa pefite affaire. Cet animal de Ternant doit I avoir aidée de ses conseils.
Laurent. — Vous croyez?
Roux. - Vous n'êtes pas assez naïf pour en douter, je suppose? (Pause.) Sans compter que ce numéro de l/n/e^nfedoit avoir été envoyé à toute la ville, comme il ma été envoyé à moi-même.
Lauremt, parcourant un numéro de « l'Iutégi-ilé «. qui est sur
la table. — L'article est vague. On parle d'une plainte qui aurait été déposée contre un négociant pour vente de produits alimentaires falsifiés. Ca désigne tout le monde. L a-t-on même déposée cette plainte? Qui l'aurait faite?
Roux. — Miguel, parbleu! ami de Ternant. Laurent. - Alors, obtenez de maman qu'on étouffe I a flaire.
Roux. — Ça va être commode! Enfin, je vais tenter une démarche auprès d'elle, nous en verrons le résultat... Ah! Dieu de Dieu! Voyez-vous Revnard en correctionnelle? Lui, juge au tribunal de commerce!
Laurent. — H serait acquitté !
^ Roux.— Évidemment!. ..Mais quel effet sur le publie- Il est in^possible de le laisser poursuivre.... Aucun sacrifice ne sera trop coûteux pour éviter ce procès.
Laurent. — Avez-vous vu ma mère?
Roux. - Non. Elle reste enfermée toute la journée dans sa chambre. Elle doit y être en ce moment ?
Laurent. — Julienne m'a dit qu'elle est sortie de très bonne heure ce matin.
.j4 L'ARGENT.
Pioux. — Uevnard est sorti, lui aussi?
Laurent. — Oui. Il a été chez son avoué pour faire rédiger la citation et l'envoyer à ma mère. Mais c'est la troisième fois quil va chez M= Holberg, dans la môme intention. Il ne paraît plus avoir grande hâte d'obtenir son divorce.
I^ocx. — Oh ! rien ne presse maintenant. Ne molestons pas davantage Mme Reynard.... Nous voyons aujourd'hui ce qu'elle est capable de faire, comme nous avons vu l'autre jour ce qu'elle est capable de dire quand on l'irrite.... A propos, qu'est-elle devenue Irma depuis que votre père l'a renvoyée ?
Laurent. — Jo l'ai mise dans ses bois.