‹ ThéâtreChapitre 95 sur 174 · CL.ARA · texte numérisé non relu

CL.ARA

Pierre !

loO l.i: S CADEAUX DE NOËL.

Petit brigand, gare à toi!

Le sabre liant, un ofiicier étranger apparaît.

rirKKK, tirant.

Tiens, meurs !

L'oftkier tombe. On l'a à peine vn. Cris des enfants. Un silence. Clara se précipite vers le corps qui a disparu dans les joncs au b«jrd du fleuve.

CLARA, se relevant.

, 0 Dieu justicier !

C'est lui-même ! C'est l'officier Qui condamna mon père et ma mère!

Le père Jean entre.

LE PLRF. JEAN".

Qu'est-ce donc? D'où vient ce coup de feu?

PIERKE.

D'ici.

LE PÈRE JEA.N.

(ju" as-tu fait? Est-ce un jeu?

l'IEURE.

Non. Regarde I

LE PÈRE JEAî^, au bord du fleuve.

Dieu! qui tua cet homme?

PIERRE

Jean, c'est moi!

LES CADEAUX DE NOÊf.. 151

LE PKRE JEAN.

Malheureux !

riKRRK.

J'ai vengé mes parents.

LK PÈRE JEAN

Ils vont te fusiller.

CLARA, au père Jean.

Emmenez les enfants ; Laissez-moi seule. En somme, Personne n'a rien vu. Je reste ici.

Sils viennent, je me dénonce.

l'IERRE.

Je reste aussi, Clara.

LE PÈRE JEAN

Non, mon fils; non ma fille.

Je suis vieux, je suis seul. Vous serez ma famille. Je vous sauverai tous. Fuyons. Sur mon bateau, Je vous emmènerai. Je sais, au bord de l'eau, Dans la colline, une grotte profonde, C'est là que nous vivrons, seuls, séparés du monde.

En attendant la paix.

De vos hardes, vite, faites quelques paquets. Je reviens.

11 sort. Clara entre dans la maison avec Petit Louis et Emma. Elle fait un paquet de vêtements.

PIF.RUK, allant au bord du llcuvc.

Jetons le corps au fleuve!

EMMA

Clara, je prends ma ro!)e neuve.

PETIT Loris.

Ma truelle. J'apprendrai, avec le vieux Jean, A bâtir. ^ ]

ESWA.

Les portraits de papa, de maman.

PIERRE, qui a jeté dans le fleuve le corps de l'officier.

Descends au fond, sous le poids de tes crimes Dans l'herbe chevelue où dorment tes victimes. Ces morts savaient quel serait ton destin. Ils t'attendaient. Ils te tiennent enfin.

rXAHA.

Adieu, chère demeure où coula notre enfance; Vieux murs que nous aimions, nous vous laissons détruits. Nous reviendrons un jour, jeunes, pleins d'espérance. Mais vous, serez-vous reconstruits?

PIERRE

Voici le père Jean. Emma, Clara, venez. Je prends mon fusil.

Le balcaii du père Jean aborde.

LES CADEAIX DE NOËL. »5r,

LK PÈRE JEAN

Allons, petits, embarque/.

A Pelil Louis.

Toi, sur l'avant; ne bouge pas, sois sago.

Us s'installent tous dans lo bateau.

Priez Noël de nous donner un bon voyage.

r.ES ENFANTS, sur \v l)ati;au qui s'éloigne.

Noël, nous sommes à genoux. Étends une main tutélaire Sur tes enfants. Protège-nous.

Conduis notre barque légère.

Nous sommes faibles, isolés, Nous n'avons ni père ni mère, Sauve trois petits exilés, Protège-les dans leur misère.

Chaque soir, adressant au ciel Notre plus fervente prière, Nous chanterons : « Gloire à Noël ! » Noël! Noël! ô doux grand-père!

Rideau.

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