SCE.XE XVI DOMINIQUE, CHARLOTTE
Charlotte. — Bonjour, mon oncle ! Bonjour, mon neveu!... Hein ! que te disais-je? Vous étiez joliment drôles, tous les deux.
DoiiixiQUE. — Eh ! ton parrain me plaît.. Ce pauvre vieux a l'air d'être si innocemment la proie de ces gens... Il a été bien embarrassé tout à l'heure, quand cet Isaac est venu. Il avait perdu la clef de sa caisse.
Charlotte. — Ah ! il avait perdu la clef de sa caisse?
Dominique. — Il fallait voir la figure des autres ! Ils n'avaient pas un sou sur eux... Alors, moi, j'ai fait le crâne, j'ai sorti mes trois cents francs.
Charlotte. — Tu as prêté tes trois cents francs à mon parrain?
Dominique. — Mais oui... Il m'a dit que nous compterions.
Charlotte, éclatant. — Ah ! non, non, mon parrain ! je ne vous permets pas ça !... (A Dominique.) Aussi, tu es bien godiche, toi !
Dominique. — Puisqu'il avait perdu la clef de sa caisse !
Charlotte. — La clef, la clef... Tais-toi, tiens ! ça me jette hors de moi.
Dominique. - Il me le rendra, cet argent. Je suis bien tranquille.
Charlotte, exaspérée. — Tu es volé, là, comprends-tu?... C'est ma faute. J'aurais dû t'expliquer tout de s-iite... Mais il faudra qu'il retrouve les trois cents francs, jour de ma vie ! Et je veux ma dot, mes trois mille francs, dès ce soir 1
Dominique. — Chut !... Pas devant le monde.
Rabourdin, à la cantonade. — Non, décidément, monsieur Isa^c, ne comptez pas sur moi...
Charlotte, qui est allée le chercher et qui le ramène violemment par le poignet. — A nous deux, maintenant, mon parrain '
(1) Chapuzot, madame Vaussard, madame Fiquet, Dominique.
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