SCÈNE PREMIÈRE
HÉLYONNE et des Jeunes Filles polonaises, puis ELISABETH BOLESKA et ETIENNE BOLESKI
Au lever du rideau, le silence. — Hélyonne apparaît, suivie de jeunes filles polonaises, blanches et bleues, en cortège ; «lie est vêtue de blanc et de bleu, elle a une corbeille de roses blanches à la main ; elle descend l'escalier, trempe son doigt dans un bénitier, s'agenouille devant un petit autel de la Vierge, sous la clarté de la lune.
HÉLYONNE
Chère Dame! Souveraine adorable! Je vous donne ces roses blanches, les dernières peut-être de ce printemps; car voici les jours de bataille, et les fleurs innocentes vont se rougir de sang dans le jardin de votre Pologne.
(Elisabeth Boleska entre, appuyée à l'épaule de son fils.) ELISABETH
Reste à genoux, ma fille, agenouille-toi, mon fils. (Les yeux au ciel :) Sainte mère de Dieu! reine de Pologne!
entendez-moi ! (Les mains sur la tête d'Hélyonne :) Cclle-ci est la
fille d'un père héroïque qui a combattu et combattra
encore en se confiant à vous. (Les mains sur la tèto d'Étionne o
Celui-là m'est resté par l'abandon d'un traître, qui vit ea vous blasphémant. Ils ont été élevés l'un pour Tautre dans l'amour de votre miséricorde et dans l'amour de votre pays
d'élection. Le jeune homme va partir pour les batailles, la jeune fille va rester pour la prière; défendez-le, exaucezla, et qu'à l'heure inquiète de la séparation, la paix se fasse (ians leurs cœurs, par votre grâce, ô Vierge mère ! — Le bonheur soit avec vous, enfants, vous êtes fiancés.
("Ils se relèvent lentement sous la bénédiction. — Lorgne prélude au milieu d'un frrand silence. — Des bruits de pas tumuitueux. tout à coup, sous la voûte. y