‹ Théâtre en proseChapitre 110 sur 143 · SCENE Y BOLESKI, RHODZKO · texte numérisé non relu

SCENE Y BOLESKI, RHODZKO

RHODZKO

La justice éternelle n'est pas satisfaite à si bon marché.

ANDRÉ BOLESKI

Qui me parle?

RflODZKO

Qu'as-tu donc fait pour émouvoir la miséricorde ? L'ours, le loup, le chien aiment leurs petits. Crois-tu que les dévouements de rinslinct suffisent à effacer les crimes deTintelligence?

ANDRÉ BOLESKI

Oh! quel spectre ihe juge!

RUODZKO

Un spectre, Monseigneur? L'orgueil de votre remords vous égare; votre châtiment ne vaut pas un miracle.

ANDRÉ BOLESKI

Que viens-tu faire ici ?

RHODZKO

Vous avez, quitté le campement en secret; j'ai pensé que je ferais bien de vous suivre.

ANDRÉ BOLESKI ^

J'entends. Ma présence ici, tu la révéleras au roi ou à l'impératrice, et tu me perdras, n'est-ce pas?

RHODZKO

Oui, plus tard, peut-être. En attendant, je suis heureux de vous annoncer que vous n'avez rien fail qui compromette le succès de notre expédition. (Boieski le regarde, étonné.) Il était facile de prévoir votre tentative de trahison et plus facile de la déjouer.

ANDRÉ BOLESKI

Que dis-tu?

RUODZKO

La forêt est libre.

ANDRÉ BOLKSKI

La forêt est libre?

RHODZKO

Eq revanche la plaine est occupée.

ANDRÉ BOŒSKl

Juste ciel! Qui donc, moi absent, a donné contreordre ?

RHODZKO

Celui qui est le maître.

ANDRÉ BOLESKI

Démon! mais tu as parlé trop tôt. Mon cheval rejoindra la voiture d'Elisabeth.

Si je vous laisse passer.

ANDRÉ BOLESKI

Je passerai sur ton corps.

(Ils se coUètent. Rhodzko le repousse.) RHODZKO

La corvée, Monseigneur, rend les serfs très robustes.

ANDRÉ BOLESKI

Ils n'ont pas d'épée î

RHODZKO

Quelquefois.

ANDRÉ BOLESKI

Un duel, soit.

RHODZKO Vous me faites honneur. (Boleskl, blesse, tombe. Rhodzko se

])enche vers lui.) Mou maître, je vous avais offert votre fils, — et la gloire.

(Il sort vivement. — André Holeski, livide, du sang au cou, se soulève, avec dos efforts haletants, en s'accrochant aux tombes. Il retombe avec un gémissement de rage.)

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