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GRÉGOR

Bon ! quelle idée ! tout est préparé pour le départ, nos troupes campent sous ces fenêtres, et même, pour être

LES MÈFiES ENNEMIES 243

plus près de la bataille, Sophia Ivanowna, au lieu de nous faire danser dans son palais de Troki, donne une fête dans ce château qui est presque une caserne.

WLADIMIROF

On disait plus. Le comte André Boleski aurait envoyé à la Tzarine sa démission de commandant des troupes et attendrait d'heure en heure la réponse impériale?

(Un homme étranger est là depuis un instant. II porte un costume de grand seigneur, très riche, très sombre.)

l'Étranger

Colonel Wladimirof, si Ton vous racontait ce qui s'est passé il y a dix-sept ans, un soir, au château de Mikalina, vous ne douteriez point de Tempresseftient du comte André Boleski à combattre les révoltés.

WLADIMIROF

Que s'est-il donc passé à Mikalina, Monsieur?

l'étranger

Deux femmes s'y sont rencontrées dans des circonstances terribles. L'une d'elles a été vaincue, humiliée affreusement. Or, cette femme se nommait Sophia Ivanowna et l'occasion de revanche qu'elle attend depuis si longtemps dans cette province dont elle a fait nommer son mari gouverneur, elle ne la laissera pas échapper. Allez danser, Messieurs, puisque c'est le caprice de la comtesse de fêter par un bal votre entrée en campagne, et croyez que le boute-selle ne tardera pas à interrompre le menuet.

(L'Étranger, après un salut, sort par le fond, à droite. — Un éclat de rire au dehors; la comtesse Sonya entre au bras d'un officier, pendant que la salle se remplit de femmes en toilettes de bal et déjeunes hommes en uniforme.)

SONYA, très rieuse, se tournan\ vers le groupe qui la suit.

Il faut que je vous renvoie. Cette toilette frivole n'est pas convenable pour un jour de bataille, et je dois revêtir mon costume de guerre. (EUe montre deux caméristes qui viennent d'entrer par la petite porte de gauche, l'une portant une table de toilette, l'autre ayant sur le bras une robe et un corsage fait d'une cotte de

mailles d'acier.) Vous voycz, je vais faire un « changement », comme disent les tilles d'opéra. Mais je vous rejoins. Ah! vous ne savez pas? une idée que j'ai eue : avant de nous battre, nous soupons. Un médianoche jusqu'au premier cri du clairon. Vous êtes des nôtres, tous?

(Elle les (.''loigno d'un geste.)

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