‹ Théatre en versChapitre 82 sur 103 · UNE TOUTE JEUXE NOVICE · texte numérisé non relu

UNE TOUTE JEUXE NOVICE

Nous lui ferons avec des cierges et des fleurs Un moins sombre chemin vers la nuit éternelle.,.

SOEUR FRANŒSCA

Si j'osais lui parler?...

Elle fait un pas vers la reine. Mais la mère Âgramante l'arrête, sévèrement.

MÈRE AGRAMANTE

Allez prier pour elle.

Sur cet ordre, les nonnes baissent la tête, et montent processionn^Uement l'escalier, tournent sur la galerie, disparaissent dans Téloignement. — L'orgue se tait. — Orlanda est seule avec ses trois folles,

ORLANDA

Mourir, — ayant vingt ans! — Et sans qu'il ait daigné

Me revoir! Trois longs mois, en leur zèle acharné,

Des gens m'ont tourmentée au point que j'en suis folle,

Et lui qui, d'un regard, d'une seule parole.

Aurait ensoleillé Tombre où je me débats,

Il est resté muet dans son cloître, là-bas.

Chiarina le supplie en vain ! Je sais d'avance

La réponse. Toujours : non ! ou bien le silence;

Hier comme la veille, aujourd'hui comme hier;

Et, tout à l'heure, sous l'abominable fer.

Ma tête Ta tomber, si pâle, échevelée, Affreuse, sans qu'il l'ait d'un baiser consolée!

EIIo pleure. Les trois folles voient entrer Chiarina par la grande porte à gauche. Elles vont à elle, lui parlent bas. Chiarina fait signe que oui.

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