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SCÈNE VII

LA REINE, LES DAMES DE QUESNOY, DE CHA- TEAUX, DE ROxMANS, IRÈNE DE BOISJOURDAN,

CHARLES DE SAVOiSY, maître d'hotelde la Reine, et divers seigneurs demeurent dans la chambre de parade; ANGE DE MIKE- VEN et d'autres pages de la Reine restent également en dehors. LES DEUX FOUS, allant, venant.

ANGE DIS MIKEVEN

La Reine !

Tout le monde s'incline sur le passage d'Isabeau dans la chambre de parade. Elle entre enfin soutenue par ses dames. Elle est vêtue d'une grande robe de velours blanc, tonte ramagée de grandes fleurs ^'or. Elle est coiffée d'un voile de brocart attaché par des épingles disposées en forme de diadème. Le voile imite le contour d'un paon. Ses cheveux soot divisés en grandes nattes pendantes. Son corsage est à la mode dite : la grand'gor^e, ouvert par le devant et laissant voir la gorge nue à travers les treillis en rubans qui se moulent sur le sein. La reine est belle, peu jeune et très indolente. Les dames qui la suivent sont richement vêtues et leur costume imite celui de la Reine, avec des couleurs moins éclatantes.

LA REINE

Je suis lasse un peu !

LA DAME DE ROMANS qui avance xm fauteuil

Madame a pris Tant de peine, en un jour.

LA DAME DE CD AIE AUX qui fait asseoir la reifae

Oh ! le peuple, les cris.

Ce ''^ue.

LA REINE

assise

Hélas!

LA DAME DE QUESNOY

qui arrange la coiffure de la retne

Cette estrade, à l'église, Était d'une hauteur vraiment qui scandalise.

LA DAME DE CHATEAUX

qui se baisse pour prendre un coussin

Douze degrés au moins.

LA DAME DE ROMANS qui prend le coussin à l'autre dame et le glisse sous les pieds de la reine

Quatorze; j'ai compté.

Mais on voyait si bien madame 1

LA REINE

En vérité?

LA DAME DE ROMANS

Tous les yeux se tournaient vers vous.

LA DAME DE CHATEAUX

Je me i^^.

Un homme a dit : u Quelle est la Reine? » — « Lr ^^ î :

A répondu quelqu'un .

L\ DAME DE ROMANS

Vous étiez le flambeau

Luisant sur nous.

LA DAME DE CHATEAUX

Chacun répétait : Isabeau !

LA DAME DE. QUESNOY

Quand le roi Charle, hélas! que le ciel rassérène!

Est entré, l'on eût dit le père de la reine.

LA REINE

Flatteuse !

LA DAME DE ROMANS

* se piquant d'Honneur -

Et le dauphin, quand on le regardait Auprès d'elle, ayait l'air de son frère cadet.

LA DAME DE QUESNOY vaincue

Oui, de cinq ou six ans.

PREMIER FOU

Payez toute la dette :

C'est madame Isabeau qui semblait la cadette.

LA DAME DE ROMANS

Tî toi, méchant bouffon !

Au dehors éclatent brusquement les cris : « Vive Bourgogne! Vive Orléans! »

LA REINE

Hé ! quoi, des cris encor !

Sar UQ signe Ae la reine, Us dames vont à la fenêtre, à rezoeption d'Irène, restée, pendant toute la scène, pâle et souciense.

PREMIER FOU

Ces bourgeois de Paris I Ils font le^bruit d'un cor Immense où soufflerait la tempête en personne!

DEUXIÈME FOU

Une chasse à rebours! c'est le gibier qui sonne.

LA DAME DE CHATEAUX de la fenêtre

Les ducs, madame! Heureux et la main dans la main. Les voici !

LA DAME DE ROMANS

Monseigneur de Bourgogne, en chemin, Parle au peuple.

LA REINE

à part

Rusé Bourguignon.

Haut à Irène :

Le vidame De Maulle a-t-il paru? Voyez \i\,

Irène monte vers le fond, jette un coup d'œil dans la chambre de parailt^ et redescend.

IRÈNE

Non, madame.

Ja reine se détoaroe vers Irène et la regarde fixement. LA REINE

Comme vous êtes pâle !

Elle prend le petit miroir sur la table et' le donne à Irène.

Est-ce un reflet trompeur

Qui m'abuse?

IRENE qui replace le miroir après s'être mirée

En effet, je suis pâle.

J'ai peur.

Les dames se rapprochent. La reine suit d'un regard méfiant Irène qui descend vers la petite porte de droite.

Elle sort.

- PREMIER FOU

surprenant le deuxième fou au moment ob celui ci va dévaliser le buffet

Vous y voilà, gourmand !

Il le chasse, prend sa place et va se verser à boire. DEUXIÈME FOU

Je t y prends, bon ivrogne !

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