ACTE CI>QI'H:ME
'^Ne soit pas avec nous dans ce moment exquis Pour jouir à plein cœur du martyre conquis. Je ne l'accuse point. Toi seule fus in.'àme. Croyant sauver son corps, tu veux perdre son àmo. Tu ne la perdras pas, quand même. Car j'ai foi Dans le viril serment qu'il m'a fait devant toi. Sous le dais triomphal que nos morts vont lui tendre. 11 viendra nous chercher où nous montons l'attendre.
Tu vois, je ne t'ai pas interrompu. J'ai craint... Si tu savais pourtant quelle angoisse m'étreintl Tu crois que je l'empêche?...
AKINS
Oui, toi.
FLA.MMEOLA
Non, je te jure.
Ar.u.NS Tu mens.
Oses-tu bien lui faire cette injure!
Penser qu'il a pu vous trahir, qu'il s'est enfui ! Mais j'ignore aussi, moi, ce qu'on a fait de lui 1 J'ai peur qu'on le réserve aux plus cruels supplices ; Et c'est afin que vous ne soyez pas complices De ses bourreaux, c'est pour l'y soustraire, au besoin, .Malgré lui, pour qu'il puisse avec toi prendre soin De tant d'àmes qu'il faut guérir, c'est pour qu'il tienne Sa promesse envers moi de me faire chrétienne, C'est pour cela, ce n'est que pour cela, vraiment, Que je te dis : Retarde encore le moment Où vous proclamerez la foi du divin Maître; Quelques jours seulement consens à te soumettre; Tes frères te suivront; tu les en convanicras; Ils aiment Johannès; ils ne sont pas ingrats; Vous le disculperez d'avoir été l'apôtre; Et quand il sera sauf, plus tard, un jour ou l'autre.
Bientôt, nous y courrons, au martyre rêvé, -Mais tous ensemble alors, avec lui retrouvé.
C'est toujours le Malin qui parle par ta bouche. Le sort de Johannès est le seul qui te touche. Si tu l'aimais ainsi que moi, chrétiennement. Bien loin de retarder l'heure du dénouement, A la hâter pour lui tu serais la première, Voulant déjà le voir au chemin de lumière Où le martyr vainqueur porte resplendissant L'ostensoir en rubis des gouttes de son sang. Adieu! Laisse mon cœur à l'inefiabie joie De sentir approcher cette aube qui rougeoie Et d'en verser la pourpre et le vin et le miel A tous ces voyageurs en route pour le ciel.
Il se diriije vers la grille.
FLAMMEOLA, à l'avant-scène.
0 foi qui les soutiens, ô force surhumaine, Viens à mon aide!
LE CENTURrON, à Ariins, en le retenant en scène.
Reste en ce lieu.
Aux gardes qui surveillent les Chrétiens.
Qu'on ramène Les accusés !