TOUS
Toinet !
TOINET, d'une voix étranglée par les larmes.
Car à moi-même, au seuil de sa maison, Voici ce qu'en personne il m'a dit tout à l'heure.
ALI. m:
A vous ! Mon père !
FRANÇOIS
Vous voyez bien, puisqu'il pleure.
TOiNETTE, l'embrassant.
Mon gas !
^ TOINET
Ah! c'est aflreux, ce qu'il m'a dit, aussi! Mais il ne s'agit pas de pleurer.
S'essuyant les yeux d'un geste brusque et brave. Là! Voici.
•le revenais des champs. Je l'aperçois. Je passe.
Il m'appelle : « Toinet, me fait-il à voix basse,
« Va trouver tes parents. Ma fille est avec eux.
(( Et ce sont des voleurs et, toi, lu n'es qu'un gueux,
« Si vous êtes d'accord pour qu'elle t'appartienne.
« J'aimerais mieux crever que de la souffrir tienne.
(( Dis-lui de rentrer, sans qu'on la voie. Obéis.
« Personne ne sait rien encor dans le pays.
« Mais, s'il vous faut, pour vous forcer à me la rendre,
(( Un scandale, que tout le monde puisse apprendre,
« Ah! prenez garde, c'est à vous qu'il en cuirait.
« Scandale pour scandale, et secret pour secret! »
Plus spécialement à sa mère.
Puis, d'une voix plus basse encor, la bouche amère : « Répète bien la chose, hein ! Surtout à ta mère. » Je n'ai rien répondu. L'angoisse m'oppressait. J'ai peur. De quel scandale?...
TOINETTE, vivement.
Oui, je sais ce que c'est.
N'en sois pas inquiet, mon gas.
A Aline.
Vous, rentrez vite.
Ce scandale...
TOINETTE
Oh! rien, rien! Mais mieux vaut qu'on l'évite.
FRANÇOIS
Et moi, je ne veux pas qu'on l'évite.
TOINETTE, suppliante.
François !
Voyons! Tu te feras du mal, si tu reçois Ce mauvais homme, plein de mépris et de rage, Qui sur nous, devant eux, crachera quelque outrage.