MAI'.TIN
Laisser à sec gueule aussi goguelue, mais !
Voyant que le ciieminoau n'a pas de verre'.
Bois donc à même.
Le chemineau *e met à boire lentement.
OMAS, qui depuis un moment examine attentivement le chemineau.
Ah çà 1 j'ai la berlue, is plus je le regarde et plus il me semble...
Avec décision.
Oui, r, j'en réponds. On n'en fait pas deux comme lui. crève les yeux, même à travers la paupière.
\ Martin, et sans que le chemineau, buvant toujours, entende.
îst notre chemineau. Tu sais ! Chez maître Pierre!
MARÏt.N
li donc!
THOMAS, s'avançant vers le chemineau.
On s'est connu dans les temps.
LE CnEMINEAC
Dans quels temps?
THOMAS
lilà vingt ans. '
MARTIN
Passés.
LE CIIEMINEAU
Diable! C'est loin, vingt ans.
J'en ai fait du chemin, depuis vnigt ans, tu penses.
THOMAS, montrant son gros ventre.
Moi, tu me reconnais, moi, voyons?
Oh ! des panses Comme la tienne, on en rencontre un peu partout.
MARTIN
Nous avons dû changer, Thomas.
THOMAS, montrant avec admiration le chemineau.
Lui, pas du tout.
Ail! dame ! à voir vieillir autour de vous les vôtres. Vous vieillissez plus tôt, vous. Tandis que nous autres, Les oiseaux voyageurs qui n'avons pas de nid. On ne voit que des gens nouveaux : ça rajeunit.
MARTIN
Enfin, tes souvenirs...
LE CHEMISKAU
Ma mémoire en est pleine.
THOMAS
Alors, souviens-toi.
Désignant la campagne au fond.
Là, c'était là.
MARTIN, appuyant.
Dans la plaine.