‹ Théatre en versChapitre 177 sur 212 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

lel mal peut s'ajouter au mal que tu m'as fait? irle ! Tu n'as donc rien à répondre?

LE CHEMINEAU, accablé, huniblo et repentant.

En efTet, en, Toinette, sinon que je suis un pauvre être, ns cervelle et sans cœur, à qui vient d'apparaître ur la première fois le besoin du devoir, qui l'a fait du mal faute de le savoir, is qui désormais, brave, et tout entier, so donne réparer ce mal pour qu'on le lui pardonne.

TOINETTE, sans colère et desespérée.

las ! il est trop tard. Même en t'y bien donnant, ut entier, brave, tu n'y peux rien maintenant.

ssairai.

C'est fini, va, c'est irréparable, î si tu connaissais notre sort misérable Iv

le connais, Toinette ; on me l'a raconté, passais.

Montrant l'auberge,

Ils m'ont tout appris. Je suis resté.

TOINETTE, dans un élan vers lui.

n'es donc pas sans cœur comme tu veux le dire ! ! j'en étais bien sûre. Aussi, va, môme au pire ma peine, jamais je ne t'en ai voulu, pensais : « Quand l'oiseau se sent pris à la glu, ilffaré, s'arrachant les plumes, l'aile folle, )ubliant tout, son nid, sa compagne, il s'envole ^ers le libre horizon grand ouvert devant lui. Vinsi mon oiieminoau loin de moi s'est enfui! fout triste de m'avoir quittée, oh! oui, sans doute... Montent quand même, puisqu'il est sur sa grand'routc ! »

228 LE CHEMINEAr

Et mes vœux t'y suivaient, sans autre soin pour eux

Que le désir fervent de t'y savoir heureux.

Pourquoi je t'ai si mal accueilli tout à l'heure,

Je l'ignore. Ah! vois-tu, quand on souffre, qu'on pleure,

On dit les premiers mots qui vous viennent, voilà 1

Mais ils ne venaient pas de mon cœur, ces mots-là.

Mon pauvre cœur soumis n'est pas fait pour la haine.

Il ne gardait de toi que l'image lointaine, *"

Lointaine et douce, du beau temps évanoui

Où notre amour en fleur s'était épanoui.

Et ce cher souvenir était sans amertume,

Comme celui des morts aimés qu'on s'accoutume

A savoir morts... Aussi t'avais-je pardonné

Depuis longtemps déjà, le jour où nous est né...

Noire nu.

LE CHEMIXEAU

>'otre filsl... Mon fds!...

TOLSETTE

Il te ressemljle.

Tu verras.

LE CHEMINEAU, voulant aller à la remise.

Tout de suite! Oh! tout de suite!... Ensemble.

Non ! Attends. Pas encor.

Toinette, cependant.

Par pitié, chemineau, prends garde. Sois prudent. Tu pourrais te trahir. Et ce serait infâme Si d'un geste, d'un mot, tu lui jetais dans l'âme L'ombre d'un soupçon, fût-ce un doute. Tu conçois. Il me respecte, il m'aime, il aime aussi... François Qui fut si bon pour lui, pour nous... Tâche d'entendre.

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