‹ Théatre en versChapitre 19 sur 212 · LES DEUX SERVANTES · texte numérisé non relu

LES DEUX SERVANTES

Merveilleux I

ZYTHOI'IIASÈS, à Flamraeola .

dmirable !

FL.\ilMEOL V

Admirable, en effet!

SPHORAGMAS, au gladiateui', qui a toujours les bras croisés.

Ouvre l'arche tes épaules. Fais jouer tes muscles. Marche.

Le gladiateur obéit, étend ses bras, fait quelques pas, puis reprend sa première posture, sombre, et les bras croisés.

SPUORAG.MAS

l'en dites-vous? Est-ce un spectacle !

THOMRYS, d'abord de son coin, puis rampant vers le gladiateur.

Comme il a iir triste!

Montrant la chaîne qui relie les deux chevilles du gladiateur.

Cette chaîne aux pieds! C'est pour cela, uvre homme! Si lu veux, toi, tu seras mon frère; si mon petit corps dansant peut te distraire, danserai pour toi, grand, tant que lu voudras.

SPHORAGMAS, écarlaDt Thomrys, et faisant, du bout de sa baguette, la montre détaillée du gladiateur.

Est-il beau! Tout! Col! Flancs! Jambes! Poitrine: Bras!

ZYTHOPHANÈS

La perfection même! Un de ces purs athlètes

En qui, splendeur des dieux d'flellas, tu te reflètes.

A Flammeola.

Phidias en eût fait un marbre au Parthénon.

SPHORâGMAS, au gladiateur.

Dis-leur, comme tu sais, ton histoire et ton nom. Héros, prince des plus héroïques milices,

Ce prince est un esclave, évadé des supplices.

Longtemps je fus brigand, l'effroi du voyageur.

Combien de gens sont morts sous mes poings d'égorgeur,

Je ne m'en souviens plus, tant la liste en est grande.

Comme il faut au destin que le plus fort se rende,

Une nuit que j'étais ivre-mort, il advint

Que des hommes m'ont fait captif. Ils étaient vingt.

Les fourches m'attendaient, et leur lente torlure.

Mais le préteur m'admire, à la gladiature

11 m'envoie; Adrastès le laniste m'instruit;

Et six mois de leçons, pas plus, ont eu pour fruit

La victoire à laquelle applaudit Rome entière.

Ces palmes dont je peux me faire une litière,

Ces médailles, la gloire, et d'être maintenant

Ceci, que Sphoragmas t'amène en l'enchaînant.

Monstre à vendre parmi ses monstrueux élèves,

Tétrinius Latro, le Samnile aux deux glaives.

Le dernier vers accompagné d'une figure d'escrime à mouli ambidextre.

FLAMMEOLA

Si c'est moi qui t'achète, en souffriras-tn?

LATRO

Non.

Quand tout l'amphithéâtre eut acclamé mon nom.

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