ACTE CINQUIÈME
ALLNE, à la cantonade.
Maman !
TOINETXE
Oui.
ALl-NE, même jeu.
Vite !
n s'en va.
TOISETTE, à la porte.
Je vous suis.
Au chemineau, en sarrêtant comme avant de sortir.
Toi, sois sage, hein! Évite 0 ruminer...
LE CHEMINEAU, avec une impatience bourrue et tendre.
Eh! oui. îs'e reste donc pas tant !
s t'attendent. Tu les fais geler en restant.
Il la laisse au seuil et revient près de la table. TOINETTE, venant à lui, après avoir posé sa lanterne au seuil.
'u vois hien comme tu les aimes !
LE CHEMINEAU, même sentiment que plus haut. Mais sans doute !
TO'.XEÏTE
:t tu les quitterais, méchant, pour ta grand'route!
)h! non, ce n'est pas vrai. Tu ne le pourrais pas.
'inis, les nuits sans gîte et les jours sans repas
)ù moi-même j'étais de trop comme compagne !
'a tête en v songeant bat toujours la campagne;
lais ton coeur désormais n'est plus à l'unisson.
1 est à nous, ton cœur; il est au cher garçon,
L sa femme, à François, le plus digne des hommes,
. Toinette, à tous ces braves gens que nous sommes,
L ce foyer enfin où chacun te bénit,
'ieil oiseau voyageur dont nous serons le nid.
Au revoir, chemineau! Ne dis rien, je t'en prie! Dans tes yeux troubles monte une larme attendrie. Oh! ne la retiens pas! Autrefois, en partant, Tu m'en as fait verser d'amères, tant et tant ! Mais par la tienne, avec les peines en allées, Mes larmes d'autrefois sont toutes consolées. Ne dis rien ! Laisse-la doucement l'émouvoir. Tu ne partiras plus, j'en suis sûre. Au revoir!
Elle le baise sur les cheveux et se sauve en courant.