ACTE TROISIEME
ARDKS
Et par concupiscence
Aussi peut-être?
JOHANNÈS, avec horreur.
Oh! nonl Pas cela! Pas cela!
Avec accablement.
C'est quand même un péché mortel que j'ai fait là.
Éclatant en sanglots désespérés.
Ah! mon Dieu! mon Dieu!
Frère, apaise-toi. Ton crime Fut grand, oui; mais l'horreur que ton cœur en exprime Et ta contrition sont telles, qu'à l'instant Je puis rendre la paix à ce cœur sanglotant En prononçant les mots sacrés qui vont t'absoudre.
Il murmure à voix basse la formule de l'absolution en faisant audessus du front deJohannès lesigne de la croix; puis ille relève, et lui montre la galerie conduisant au sanctuaire.
Pour pénitence, va, la face dans la poudre, Hnmilier aux pieds du Seigneur ton orgueil.
Pas à l'autel! J'en suis indigne. Sur le seuil. Ici, comme un impur qu'on a chassé du temple. Et qui, proscrit, de loin seulement le contemple.
ARUNS
Soit! mon frère, et prions ensemble.
Non! Toi, cours Chez cette femme, dont l'insidieux discours M"a pu séduire. Écoute et combats sa folie, Dis-lui que je démens la mienne, et qu'elle oublie Le misérable aveu dont elle triomphait.
Bien, Selon ton di'sir, mon frère, il S3ra fait.
Jûliannès s"agenouilie au seuil de ia gaierie conduisant au sanctuaire, et Aruns avant de s'en aller par le chemin de sortie, à droite, lui Jil de loin :
Prie. Et que ton remords brûlant se désaltère Dans l'eau fraîche où fleurit l'oraison solitaire.
Il H>rt.
' SCÈNE YIIl JOn.\>NÈS, seul.
Un long temps de silence absolu pendant lequel il prie et fait pénitence, tantôt pleurant et se frappant la poitrine, tantôt comme en extase,,ot au bout duquel son agenouillement est devenu un prosternement complet, les mains jointes vers le sanctuaire, et le front, en effet, dans la poudre.