ACTE QUATRIÈME
[a colère s'écroule au poids de mes douleurs,
]t je n'ai plus pour toi, mon frère, que des pleurs,
) pauvre être déchu du plus sublime rêve,
•ont les yeux sont crevés quand l'aurore se lève !
(ue dis-tu là?
ARUNS
Je dis que je te plains. Je dis lu'à l'heure où nous allons gagner le paradis, uand il ne reste plus vers lui qu'un pas à faire, oi, gisant au bourbier que ta honte préfère, u ne peux même plus faire ce dernier pas ers la Jérusalem où tu n'entreras pas.
JOHAN.NÈS
uoi?
ARUNS, d'un air prophétique.
Le jour est venu!
JOHAiNNÈS
Quel jour?
ARUNS, même jeu.
Et l'heure sonne !
JOHANNÈS
iuelle?
FLAMMKOLA
N'écoute pas!
JOHANNÈS
Si, laisse!
FLAMiMEOLA
Il déraisonne.
108 LA MARH'RE
Apprends, et qu'ils en soient redouble's, tes remords. Apprends que cette mort, la plus belle des morts, Celle que notre foi toujours avait rêvée, Enfin pour notre gloire elle était arrivée.
Avec un geste à Flammeola.
Trahis sans doute par quelqu'un de sa maison. Les Chrétiens dénoncés sont traînés en prison.
JOH.OiNÈS
Grand Dieu!
J'ai pu venir, évitant le prétoire, Pour t'en donner l'avis comme d'une victoire. Et pour t'otTrir, pasteur de notre saint troupeau, L'honneur d'être à sa têle en tenant son drapeau. Mais, hélas! je le vois, de cet honneur insigne. Ton bras n'est plus capable et ton cœur n'est plus digne.
Pitié, pitié, mon frère!
Adieu donc, malheureux!
Nos amis sont là-bas, sans pasteur, et sur eux Je dois veiller. Je vais où ce devoir m'attire, Exalter leur vertu, partager leur martyre, Et prendre, extasié de mon prochain trépas, Au céleste banquet la place où tu n'es pas.
JOUANNÈS, voulant se lever.
J'y vais ! J'y vais !
FLAMMEOLA, le retenant.
Non.