‹ Théâtre espagnolChapitre 148 sur 405 · ACTE U, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE U, SCÈNE VIII

mes semblables. La triste situation oii vous ont réduit vos folles ehimèxes ne doit pas attirer seulement des conseils et des réflexions; elle réclame avant tout des socours prompts et eflieaces. Demain, sur un ordre de moi, toutes vos dettes seront payées!

DOM ÉLKl'TÉRIO.

Monsieur, est-il possible?:..

IHJMA AGUST1HA.

Ce n'est pas un rêve, monsieur! Ab! Dieu soit béni !

nott.v MAHIUCITA.

C'est bien la vérité?

nos l'F. DH k .

Je veux faire plus encore. Dans les env irons de Madrid je sois propriétaire «le plusieurs terres. Mais je viens de trouver un poste plus avantageux pour le jeune homme qui en a Cu jusqu’ici la gestion, et que son mérite a mené plus loin. Si donc vous le désirez , monsieur, vous pourrez aller vous mettre au courant auprès de mon majordome, que je vous garantis comme une personne parfaitement recommandable; et dès ce jour vous verrez s’ouvrir devant vous une position dont les émoluments seront proportionnés à vos besoins. Quant à madame, elle devra s’efforcer, pour sa part, de rendre aussi heureux que possible le nouvel avenir que je me charge de vous assurer. Qu’elle prenne donc soin de son ménage; qu’elle s’occupe de donner une bonne éducation ii ses enfants; qu’elle s'acquitte avec conscience des devoirs <pie lui prescrit son double titre d'épouse

et de mère : alors elle s’apercevra bien vite qu’elle sait tout ce qu'il lui est nécessaire de savoir, tout ce qui convient à une femme dans sa sphère et dans ses attributions. Enfin , pour vous , mademoiselle, vous n’avez rien perdu en ne devenant pas la compagne de ce pédant de don Hermogène; car, d’après l’échantillon que nous avons eu de lui , c’est un drôle qui vous aurait rendue malheureuse à jamais. Si seulement vous voulez dissimuler un peu votre trop vif désir de posséder un mari, je ne doute point qu’il ne se présente bientôt un excellent sujet qui vous aimera avec une tendresse loyale. Bref, mes amis , je ferai pouf votre prospérité tout ce qui sera en mon pouvoir; c’est une certitude qui vous est acquise. D’ailleurs, je possède les meilleures relations à la cour; et quoi qu’il advienne... enfin... Allez, vous pouvez m’en croire. J’ai le caractère un peu âpre; mais au fond j’ai le cœur bon et compatissaut. • , ..

DON A MARIQIITA.

Que de générosité !

DON ÉLECTÉRIO.

Quelle grandeur d’âme !

( Don Rleutério, dons Agustina et doua Mariquita veulent «■ jeter aux genoux de don Pèdrr ; mais celui-ci les retient et les embrasse tous trois. )

DON PËDRE,

Non, mes amis, c’est simplement l’action d’un homme juste. Lorsqu’on tend la main à la pauvreté et qu’on sauve un malhptrrehx. du désespoir, lors-

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qu’on le sauve peut-être du crime, on ne remplit que son devoir ici-bas, et voilà tou».

BON ÉLKITÉRIO.

Hélas! comment me sera-t-il jamais possible de payer laut de bienfaits?

DON PÈDRE

Vous êtes reconnaissant : je suis payé, monsieur.

DON ÉLKITÉRIO. »

Oh ! pardonnez, de grâce, tous les sots discours qui me sont échappés; oubliez mes façons ridicules...

DONA ACL'STINA.

Nous avons été de grands imprudents !

DON CÈDRE

l.e passé est passé, madame ! . . '

DON ANTONIO

Ah ! don Pèdre , quel modèle de conduite* vous m’avez tracé ce soir !

DON CÈDRE

Vous vous moquez, mon citer! Tout autre, à ma place, eût agi de mémo dans des circonstances aussi pénibles.

Vraiment , votre caractère me fait rougir du mien,

DON PÈDRE

Soit , je vous accorde que nos deux natures diffèrent quelque peu ; mais cela ne nous empêche pas d’étre bons amis, n'est-il pas vrai?

DON ANTONIO

Qui ne s’estimerait tici d'èJre votre ami , don Pèdre ?

. - l)ON SKRAPIO.

Chantons! dansons! Je suis ivre de joie!

DON ei.DRK i •

Ma joie est plus éclatante que la vôtre, monsieur; , car, croyez-moi, il n’est pas de plaisir comparable à celui qui émane d’une noble action. Vous , dôn Eleulério, reprenez votre comédie, de peur qu’elle ne s’égare on ces lieux, et ne finisse ainsi par servir de pâture aux oisifs et aux bons personnages qui viendraient à mettre la main sur elle.

DON ÉLEUTÉRIO.

Va-t’eu au diable, comédie de malheur! (U la déchire en mille morceau*.) Oui,' va-t’en! Et vous,, ma crédulité et ma sottise , rejoignez-la , sans plus de laçons! Demain, au point du jour, je ferai un feu splendide de tous mes imprimés et de tous mes ma nuscrits, et j’arracherai de ma maison jusqu’à mon dernier vers ! > .

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