ACTE. U, SCÈNE XVIII. ,'fâtt
DON CKIIRK.
Ici nous devons lenir les objets précieux. Regardez! Une tabatière... et c’est la vôtre, nia sœur! l^n morceau de galon, une cuiller d’argent...
FF.RXINA.
Quelle horreur ! C’est celle que je lui ai donnée ce matin avec le pot de confitures.
don pfcnne.
Un nécessaire, deux jeux de cartes, une bague... toujours à vous, ma sœur. Ah! de l’argent aussi? Eh bien! c’est un voleur honnête; il emprunte, mais il restitue.
FERMINA.
Oh ! il a la conscience délicate ' !
C’est assez. Laissez-moi seule. Allez ! jl est déjà tard. Toi, Pascal, descends pour fermer les portes. Allez-vous-en tous!
DON PÈDRE
A qui en avez- vous donc, ma sœur?
LA TANTE MONIQUE
Le misérable! l’infâme! "Et moi, si simple, si bonasse, lui permettre de se joner de moi de la sorte!
ISABELLE
Ma pauvre mère !
' Dan* cette dernière scène, la nrmvcüe édition Baudrv a supprimé, avec beaucoup de raison, la longue lettre que le l>aron laisse à Léonardo pour jeter lui même son masque. O détail ne fait que diminuer l’intérêt, cl d'aiUeursil y a déjà deux autres lettres dans la pièce.
330 LEllAUOiV.
LEONARDO
A (jtioi bon (uni vous affliger?
DON PfcDRE.
Une courte erreur, lorsqu’elle ne produit aucune conséquence funeste, est souvent utile, car elle nou> instruit, et nous dessille les yeux. Vous désiriez sortir de riiumble sphère oii le ciel vous a placée, et vos illusions, ma sœur, ont failli creuser sous vos pas un abîme de maux. Je frémis à la seule pensée de ce qu'aurait pu nous coûter votre aveuglement.
LA TANTE MONIQUE
Je l’envisage, moi, cet abîme; et c’est ce qui m'oppresse et me tue
BON PÈDHK.
Voici votre consolation! Isabelle, viens vile, cl embrasse ta mère !
LA TANTE MONIQUE
Mon Dieu! mon Dieu!... • '
( Isabelle embrasse sa mt're ax et tendres*. Don l’èdre, prenant par la main Leonardo, le fait approcher également.)
BON PÈOKE , à la tante Monique.
Vos enfants, les voilà!... Ils n’attendent plus que votre bénédiction pour être heureux. Vene£, I.éonardo, et soyez sans crainte , car les choses ont bien changé de face.
( Isabelle et U;onardo s'agenouillent aux pieds delà tante Monique.)
LA TANTE MONIQUE
Vous avez raison , mon frère... Hélas! ma bonne tille!... Ht vous , Lébnardo , pardonnez-moi lotîtes mes folies, Isabelle vous appartient !
» (Mie 1rs otrrhras.se tous deux.:
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