‹ Théâtre espagnolChapitre 224 sur 405 · TH · texte numérisé non relu

TH

don ms.

Nul ne conteste le fait. Mais puisque le rôle du père ici m’appartient , puisque ma fille se trouve à ma charge et sous ma tutelle , laissez-moi le soin de la gouverner.

DON MARTIN

C’est juste... Oh! vous la gouvernez d’une façon admirable ! A quoi bon , je vous prie , ces délais et ce respect minutieux des convenances? Don Claude est arrivé à Tolède; nos deux jeunes gens se sont aperçus : eh bien! qu’attendez-vous? Mariez-les! don u:ts.

Permettez, mon frère. Dans plusieurs lettres déjà, don Pèdre avait insisté auprès de moi en faveur de cette union : il exaltait jusqu’aux nues les qualités brillantes de son héritier. Pour mon compte, je me souvenais à peine d’avoir vu don Claude tout enfant. Aussi cherchais-je à recevoir d’Ocafia ' certaines informations qui devaient me dicter une réponse décisive, lorsque mon vieil ami, avec son impatience habituelle, envoya, sans autres préliminaires, le .jeune homme lui-mème frapper à ma porte. Bien entendu, je fus obligé de Fhébergêr. Toutefois je jugeai convenable de laisser ignorer â fnès le véritable but de cette démarche. Les premiers jours , je remarquai qu’elle traitait notre visiteur avec une courtoisie assez indifférente : « Oh ! me disais-je , à

1 Petite ville de la Nouvelle-Castille , située à neuf lieues de Tolède.

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vert : f > scC-ni. i.

force' île se'tmuv*‘r ensemble, Tamour |>onrru bien les rendre plus expansifs. » .Mais dans la suite Inès a si peu réalisé* cette espérance, qu elle n’a déployé à- l’égard du jeune homme que froideur et sévérité. Moi-mérue, pendant ce temps, j’ai pu Confirmer mes soupçons sur le caractère de don Claude. C’est un garçon qui ne pèche pas par l’esprit, et, de plus, une tète assez légère. Celte nuit, il n’est pas rentré sons notre toit... Je le sais joueur. Kn un mot, il est indispensable de scruter la vie qu’il mène, et de connaître, avant tout, si ma tille accueille avec satisfaction ci* projet dç mariage , ou si réellement elle s’y déclare opposée1 .

DÜN MARTIN.

Voilà qui est de la dernière sagesse! Allons, mademoiselle, quel est votre avis? que résolvez-vous? Quant à l’autorité de monsieur votre père. . . nos lus.

Celte autorité se restreint d’elle-mème en pareil ras; et notez que toute autre manière d’agir se nommerait violence et injustice.

nOM MARTIN.

Oui , gàto.z votre enfant ! sans cesse des caresses, des m’amours ! Mais laissez faire , laissez faire; vous ne verrez que trop tèt Ips résultats.

don ms.

SI le momie vous entendait déclamer de la sorte, chacun croirait, sur la foi de vos hyperboles, que çette jeune personne marche droit au précipice, et

:uo .

LA FAUSSE DÉVOTE

que c’est son père qui l'entraîne dans des sentiers de perdition.

bon immrç. .

Pourquoi Inès n’étudie-t-elle pas la conduite de sa cousine? C'est là qu’elle apprendrait à servir Dieu , à être toujours humble, sensée et paisible.

DON LIIS.

A la bonne heure !

Certainement, à la bonne heure!

DON LUIS

Oui , comment n’en pas être persuadé ?

DON MARTIN

Je sais à merveille ce que je soutiens. Il y a une grande différence entre les deux cousines.

DON LUIS

Et qui prétend que non ?

DON MARTIN

Quand même il vous plairait de le nier pendant un siècle.

DON LUIS

Oser douter que votre fille, à vous, ne soit un idéal de candeur ! Elle ne bouge pas du logis , elle jeûne lorsque son père la surveille; mais à peine s'est-il éloigné, qu’elle se jette sur le garde-manger, et regagne bientôt le temps perdu.

DON MARTIN

Vous inventez !

DON LUIS

Non , je constate... Elle fait ses neuvaines , elle

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