‹ Théâtre espagnolChapitre 249 sur 405 · CF.RICO · texte numérisé non relu

CF.RICO

Faites, monsieur.

( Cendant que dou Martin lit, Périro se promène, etVesanie le front a\er son mouchoir.)

U FAUSSE IftiYOTE.

\ DON MARTIN

. : O mon Dieu h*' ■

I périco. . •

Qu’est-ce cjui vous prend ?

DON MARTIN

Ainsi , ce pauvre Lorénzo. . , !

PÉRICO, ,, '

Hélas! mon clier monsieur, qui l’eût cru? Voilà près d’uue douzaine d’années que je n’avais pas eu occasion d’admirer son visage, et crac! il s’apprête à mourir. C’est un rude coup, allez! Mais je dois vous prévenir cependant que je possède encore un autrp frère.

Ah ! vous êtes son frère ?

périco. - -

II n’y a qu’un mois entre nous deux. Mon nom, monsieur, est don Sempronio de Hinestrosa ; celui de mon épouse, dona Maria Godinez Rihadeneira. Quant à mes tilles, la plus replète s’appelle dona Térésa;... là plus jeurtê, dona Guiomar. Toutes les deux, conséquemment, sont nièces du défunt.

DON MARTIN

Il est donc déjà mort ?

périco. • .•

Pas tout à fait, mais on le suppose bien mal... S’il vous plaisait de me gratifier île ce que vous chante l’épltre !

•ACTE I , SOÈNK IX.

:wi

IM>» Martin .

A l'instant même, j'y vais... C’est égal, je parierais qu’il a commis quelque imprudence à son dîner.

- , RÉRfCO.

Non, monsieur. Seulement, hier, dans l’aprèvSinidi, il a mangé, pour son goûter, un cochon Je lait aux champignons. ,

UOX MARTIN.

Cela suffit. -- ■>

.RÉRICO. •

Je le crois bien , c’est plus que suffisant. Ce platlà eût donné une indigestion à la statue du Commandeur. * .■*•

uon^Martin.

C’était aussi d’une légèreté ! ». » • » *

RÉRICO.

. Dans la soirée, sur les onze heures et demie, il lui a pris une fièvre de cheval; si bien que nous pensâmes qu’il allait partir au galop. Puis sont arrivés les convulsions, le hoquet. Je délire. Dieu! quelle nuit, monsieur! Nous étions tous abasourdis; tonte la maison était sens dessus dessous. Enfin, grâce aucie), nous parvenons à rassembler trois docteurs, l’élite de nos puits de science, connus peur encombrer de cercueils toutes nos églises! Les voilà qui font leurs salamalecs, qui prennent du tabac et qui citent du grec; et quand ils s’aperçoivent que, malgré tous ces remèdes, leur malade ne- veut pas guérir, ils lui prescrivent... l’extrème-onction, et le saluent., i en empochant l’argent!

382 < LA FAKSSK DÉVOCf;.

DON MARTIN. < \

Quelle catastrophe *

périco. . • - -

Lg plus terrible qui pût nous assaillir.-. S’il vous ' faisait de me gratifier de ce que vous chante...

DON MARTIN , nllnnt pour sortirot «e rarisant

Et cette pauvre dona Vicenta, comment va-t-elle?

PÉRICO. • •

Vous demandez comment elle va! elle fait pitié... 7 S’il vous plaisait de me gratifier...

- DON MARTIN. ' ■

' <>ui i à la minute même , si toutefois vous me permettez d’aller chercher les espèces. *

PÉRICO.

Que Dieu vous conduise , monsieur!

(Uou Martin sort.}

; ,';v scène x.

PEfilCO, DON CLAUDE. "

, } ‘ PÉRICO.

Ah! nous eu avons abattu de l’ouvrage! I-a demoiselle s’est montrée plus souple qu’un gant.

- ' DON CLAUDE. . , - ' ,

Est-ce bien toi, Périco? v , ' .

périco. : <■;

Voire serviteur en personne, cher mattre !

DON CLAUDE

Je revenais par ici pour savoir des nouvelles.

p£mco.

On va Von? contenter. . ,

DON (JL Ai: DK.

, . Mais quel accoutrement, mon gaillard!

PÉRICO.

Ne faites pas attention : les moments sont |»rériéux. Nôtre charmante novice brûle et se meurt pour don Claude. Mais au moins n’allez pas sortir pendant la sieste, car ellê-méme viendra dans ces parages effleurer avec vous l’artidc conjugal!

nOS CLAUDE .

Comment! dis-tn vrai?

PÉRICO.

Très-vrai, monsieur. Mais retournez à votre chambre; car si don Martin nous surprenait jasant tous, les deux, nous serions flambés. Allons, à votre chambre !

•- DON (XAUDK.

Mais quel est tou dessein ?

PÉRICO.

A votre chambre !

(Don Claude sork)

Page 1