DOS CL V IDE
Allons, mon ami, ne me fais pas perdre mon temps.
Ost que vous me devez quatorze piastres fortes pour le moins.
DON CLAUDE
Ne m'échauffe pas les oreilles!
PÉRICO.
C’est que demain je m’en vais, et je ne saurais attendre.
DON CLAUDE
Silence, ou, sinon, la porte!
PÉRICO.
C’est que, depuis le mois de janvier de l’année passée, je suis à servir comme un esclave le seigneur don Claude Pérez ; et durant ces longs trimestres ledit seigneur m’a soldé, tant pour à-compte de mes gages que pour mes profits et émoluments, le superbe total de quarante-deux réaux. J’accuse, outre cette somme, une paire de culottes vertes, qui, au dire des experts...
DON CLAUDE
Si tu ne cesses ton bavardage, je te promets une raclée , mais une raclée, splendide !
M).j LA FAUS8E l>£Vt>TK.
Une raclée!... N’en parlons plus. Aussi bien, pour ma vengeance, me suffit-il de faire le mue». Car, admettez pour un moment que ce drôle de Périco, l’indigne laquais de Votre Seigneurie, tienne en sa possession le majestueux capital de trois mille quatre cents féaux de veillon...
'• ‘ ' DOM CLAUDE
Que radotes-tu là?
PÉRICO.
■' Capital obtenu i>ar des voies très-légitimes.
DON CLAUDE. '
Saints du paradis! Mais tu as donc... ?
PÉRICO.
Allez, monsieur, ne me payez pas, et, en récompense de mes services , régalez-moi de vos menaces et de vos épithètes. Frappez-moi ! , v ’
DON CLAUDE
Mon petit Périco!
PÉRICO.
Je vous vois venir. Mou petit Périco! 11 est temps.
DON CLAUDE. •
. Je t’en supplie ! - -
l Périco fait semblant de »en aller. Don Claude le retient.)
>. PÉRICO. .
Non, monsieur; n’en parlons plus. Je suis un gueux !
DON CLAUDE
Voyons, trêve de plaisanteries, et dis-moi...