‹ Théâtre espagnolChapitre 298 sur 405 · IX) N CLAUDE · texte numérisé non relu

IX) N CLAUDE

C’est très-bien... Mais que t’en semble, Périco? Faudra-t-il demain matin nons mettre en roule?

périco.,' ,

Oh mille fois non !

DON CLAUDE

Et si don Luis nous pousse l’épée dans les reins ?

(•KRICO.

On riposte par de bonnes paroles. On lui dit que c’est charmant, que l’idée est admirable, et que, ne l’eiU-il pas ordonné, on s’y serait préparé de soiméme; bref, qu’aux premiers rayons de l’anrore on videra la maison.

WON CLAUDE

Et après?

PÉRICO.

Et après vous soupez; vous souhaitez une excellente nuit à chacun, et vous gagnez votre couche. Mais, au moment où la famille entière est plongée dans le plus profond sommeil, vous vous trouvez subitement oppressé ; vous êtes en transpiration , vous êtes pris de bâillements, de frissons, de nausées.

1 Nataja, couteau pliant. — Les narnjas, dont la dimension varie depuis quelques pouces jusqu a plusieurs pieds, portent également des devises. Une des plus fameuses est celle-ci :

• " Cttando enta vivora pica , •

Mo hày remedio en In bolica.

Voua qu’a piques cHt* vipère, r<e cherchai point d’apothicoire.

(Voy. Théoph f.ALTUH. Voyage en K»payne.)

W2 LA FAUSSE DEVOTE

Alors je me lève, j’allume un bout de chandelle, je fais un tapage infernal, et soudain toute la maison est en émoi. Que peut-il avoir? sortt-ce des vapeurs? sont-ce des coliques? est-ce la fièvre tierce? Puis , aussitôt que Pieu aura permis au jour de poindre.', c’est-à-dire sur les onze heures sonnées, vous vous sentez un peu mieux, vous mangez moins que rien, du bout des lèvres, et vous parlez d’une voix chevrotante. Là-dessus vous faites une bonne sieste; et enfin voua vous relevez, comme si le tout n’avait été qu’un jeu.

' DON CLAUDE

. Périeo, lorsque Di es là, je ne crains aucun danger.

PÉRICO.

Si céla vous est égal, tâchez donc de vous montrer aussi brave lorsque je serai parti ; cat, il n’y a pas à plaisanter, il faut que je prenne la posté.

DON CLAUDE

Tant de hâte , mon bon 1

eé.RicD. \

De grandissime matin , c’est irrévocable. Figurezvous, monsieur, que ce maudit commissionnaire du cloître me coupe le passage à chaque rnelle. Pâme! s’il fait une seconde apparition céans, et me trouve au gîte, notre compte est réglé. Tout à l’heure encore, je l’ai vu déboucher ici au coin. Le gaillard voulait déjà s’acheminer vers notre demeure : mais j’ai pu obtenir (et Dieu sait par quels frais d’éloquence et de mensonge) qu’il disparôt en tournant les

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