ACTE lir. SCÈNE XIV
celle façon? Vous pleurez déjà mort père!.,. Or çà, combien pariez-vous qu'il sera enchanté?
DOW LUIS
Que dis-tu ? Est-ce que ta raison ('abandonne ?
DOW CLAUDE
Je parle en parfaite connaissance de cause, et je, suis fatigué de m’entendre traiter de parricide pour
une vétille. .Mon père L mai» je mettrais ma main et ma tête au feu qu'il me donnera son approbation complote, et sa bénédiction par-dessus le marché !
Dieu me pardonne aussi. Mais ces messieurs ont l’air de me tancer comme un gamin. Êcouteé ! , tant que les choses marchent convenablement, je suis doux comme un mouton; mais dès qu’elles se gâtent, la thèse change ! Vous vous imaginez peutêtre que je vais faire amende honorable , et vous implorer à deux genoux? Ah bien oui! Ne. diraiton pas qnè, depuis que le monde est monde, semblable affaire ne s’est jamais vue?... Mais puisque je l’aime! Et qu’y a-t-il là de si étrange? Cela me fait plaisir de l’aimer, tiens ! Elle m'adore de son côté; la demoiselle. Partant nous sommes quittes, messieurs! Y voyez-vous clair maintenant?... La promesse de mariage est déjà rédigée; et quoique don Martin brûle d’emprisonner sa fdle <lans un cloître, la jeune enfant ne désire point devenir religieuse. Elle ne veut être ni franciscaine, ni sœur de la Merci, ni dominicainc, ni sœur mendiante: mais ce qu’elle veut ,
LA FAUSSE DÉVOTE
ce qu’elle a toujours Voulu, c’est un bon mari, et elle s’est marine avec moi !
... don Martin.
Comment ! Qu’est-ce que c’est ? Qtie prétendezvous dire? ■ < *
DON LUIS
I>u calme, mon frère! laissez-le parler jusqu’à la fin.
- réRico.
S'il plaît à mon maître de vous débiter des contes bleus; s’il rêve tout debout!...
• don utrs.
Tais-toi, drôle, on je te fois sauter par la fenêtre. Déiivre-nous de ta présence !
. • (Wric® s* relire d’un air penaud. )
DO» CLAUDE
Oh !. ce n’est que trop manifeste, messieurs. Je ne puis hasarder un pas sans qu’on me critique ou qu’on me cherche querelle. Mais si je vous jure que j’étais là bien tranquille, et que c’est elle qui l’a voulu? Que devais-je donc faire? m’endormir sur le rôti? D’ailleurs, dans tout celà, il n’v a pas de quoi fouetter.,. » ;
' - -• DON MARTIN.'
Mais, traître, je te demande comment.., ?
DON CLAUDE
Le comment serait beaucoup trop longea vous expliquer. Qu’il vous suffise de savoir que vous êtes inou beau-père; car, Cn deux mots, vous l’êtes ! Et crovez-moi, don Martin, le mieux encore ' c’est de
céder à la nécessité, et d'accepter la chose de bonne grâce.'
DON MARTIN
L’accepter!... Bonté divine! Tous mes sens s’égarent;.. (Appelant.) Clara ! !,