‹ Théâtre espagnolChapitre 311 sur 405 · DON MARTIN, DONA INÈS, DON IÀIIS, DONA . CLARA, DON CLAUDE · texte numérisé non relu

DON MARTIN, DONA INÈS, DON IÀIIS, DONA . CLARA, DON CLAUDE

mît* MARTIN.

Non, toutes vos prières sont inutiles... Je ne yeux pas la voir.

Oh! de grAoe, mon oncle!

DOS MARTIN

Qu’elle parte, qu'elle parte! et qu’elle me laisse mourir !

DOSA INÈS

Pauvre, et abandonnée de son père, on pourraitelle se réfugier?

DON MARTIN

Que jamais elle ne reparaisse devant moi!

DOSA INÈS , s'avançant ver» dona Clara.

Ma cousine, viens par ici! ( Dona Clara s'approche d'un air craintif et confus; don Martin lui lance un regard plein de cour-

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LA FAUSSE DÉVOTE

roui , et elle est pr«e à reculer. ) Non, approche-toi , Clara ; jette-toi à ses pieds, et implore sa clémence!

DON MARTIN

Retirez-vous !

DOSA INÈS

. ' Failes-le pour moi, mon oncle!

DON MARTIN

Arrière , arrière, fille dénaturée!

DON LUIS

Cependant, mon frère, il faut bien vous décider au pardon. Quel autre parti voudriez-vous prendre?

DON MARTIN

Je veux, ni plus ni moins, qu elle souffre tontes les tortures que doit entraîner son forfait !

DONA .JNfeS.

Ob ! il m’est impossible de contempler ainsi, sans être émue jusqu’au fond du cœur, la terrible disgrâce qui frappe ma cousine! Quoi! je la laisserais partir poursuivie par la malédiction paternelle; je la laisserais partir sous le" poids de la douleur et de la misère, quand bd faim et la détresse la menacent déjà , et que d’impitoyables remords , fruit inévitable des mauvaises actions, vont la harceler partout! Dieu me garde d’une telle pensée! Et puisque la vertu consiste à faire le bien et non à le prêcher, agissons ! Vous , mon père , vous ne me refuserez pas cette grâce... Vous me permettrez de partager avec ma cousine ma fortune entière; car si j’ai jamais souhaité de devenir riche, n’était-ce pas pour consacrer toutes mes ressources au secours de

l'infortune ? Ah! maudit soit le mortel qui condamne, ses richesses à la stérilité, et qui vient expirer sur son trésor.

UON MARTIN .

Inès, mon enfant!

Inès , ma fiHc adorée !

DON MARTIN

Toi, Tu es vraiment sainte!

DONA INÈS

Non, mon oncle, je suis compatissante, et voilà tout Mais le temps presse, car je veux aujourd'hui même signer cette donation. (Elle prend par ta mai» <t»na

Clara, el l'aUire doucement vers elle. )

DONA CLARA. •• -

Inès , toute ma conduite envers toi a été indigne ! Oh! je t’en supplie, accorde- moi ton pardon. (Elle lui baise les mains.)

DONA INÈS

Quelle folie, ma cousine! Je ne me souviens de rien , je t’assure.

DON MARTIN

Mais je me souviens, moi! (A dona Clara.) Je n'oublierai jamais ta fausseté et ton hypocrisie , détestable créature !

DON LUIS

Allons, jusqu’où vous emporte votre courroux, mon frère? Croyez-moi, il n’y a point à lutter contre les événements accomplis. Faisons ce que nous propose Inès : quelle partage ses biens avec votre

LA FAUSSE DEVOTE

tille ; j'y consens de grand cœur! Seulement celte bonne idée peut parfaitement s’exécuter sans signatures et sans contrat. Inès a promis , et sa promesse doit suffire. De cette manière, nous pourrons astreindre les nouveaux époux à réster dans le droit chemin. Clara se verra obligée d’abord, par la force des choses, de témoigner sa reconnaissance à sa cousine: elle saura donc, je l’espère, se conduire désormais en honnête femme, et surtout réprimer les extravagances de son mari. Mais si, pour dernière supposition, la voix de l’honneur était complètement éteinte dans l’àme de Clara , eh bien ! alors l’intérêt lui imposerait ce qu’elle ne ferait point par devoir. Enfin, mon frère, je vous le demande à mains jointes, car je ne voudrais pas qu’un refus vînt affliger cette pauvre Inès, dont les yeux sont fixés sur vos lèvres... mon frère, pardonnez à vos enfants!

(Don Claude et dona Clara se jettent aux pieds de don Martin.

Celui-ci leur fait signe de se relever.)

DON MARTIN

C’est bien; relevez-vous tous deux , et surtout ne .m’adressez point la parole !... Dieu ! quel chagrin m’accable! ( Il «'avance vers dona Inès pour l'embrasser.) Et comme j’ai méconnu ce cœur d’or , comme j’ai été injuste envers toi, ma fille, ma bonne Inès!

DON LUIS

Sa destinée, à cette enfant, sera de demeurer la bienfaitrice de sa cousine, le bon ange de notre maison et le soutien de la vieillesse, frère!... Oh!

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