‹ Théâtre espagnolChapitre 325 sur 405 · JU IRÈNE · texte numérisé non relu

JU IRÈNE

Avec ruoi, monsieur, elle est la franeliise même. Nous ne cessons de causer de vous; et tout en elle me dévoile le tendre intérêt qu’elle vous porte. Dirai-je enfin avec quelle puissanle raison elle s’est exprimée hier au soir, après que vous vous fûtes retiré? Tenez! monsieur, je ne sais ce qne j’aurais donné pour que vous pussiez l'entendre.

l)ON niÉGlK.

Vraiment? C’est de moi qu’elle s’occupait?

. • IIOXA IRÈNE.

Ah ! comme elle a bien senti tpi’il valait infiniment mieux , pour une jeune personne de seize ans, avoir un mari d un âge raisonnable , un mari d’une expérience, d’une maturité, d’une sagesse, d’une..,.

1K)N UIËGl'E.

Sainte Vierge! e’esl elle qui disait cela?

DONA IRÈNE

Non, c’est moi qui parlais; mais elle m’écoutait avec une attention dignff d’une femme de quarante ans, ni plus ni moins. Ab! comme je la prêchais! Kl elle, quel trésor d’intelligence!... Enlin, à la maman il sied mal... Mais, mon Dieu, n’est-cè point une pitié, monsieur, de voir roinment se fabriquent les mariages d'aujourd’hui? On vous marie une demoiselle de quinze ans avec un bout d’homme «le dix-huit, ou bien une jeune fdle de dix-sept ans avec un bambin de vingt-deux. Voilà donc d’un

51(1 . LK OUI UES JEUNES mus.

<<’>te une «.‘.iifiiiil sans jugement ni expérience, el <le l’antre un ldanc-bée sans un grain de bon sens ni la moindre connaissance du monde. £h bien , je vous le demande alors, qui gouvernera là maison? Qui commandera aux domestiques ? Qui instruira et corrigera les marmots? Car il arrive toujours que nos jeunes étourdis sont affligés, en un clin d’oeil, d’une progéniture nombreuse et vraiment désolante à contempler!

■. - uon niÉooE. / i

Il est vrai, madame : c’est un triste spectacle* de Voir assiégées d’une foule de petites créatures tant «le personnes dépourvues du talent, de l'expérience et de la vertu nécessaires pour en diriger l'éducation.

OONA IHÈNE.

Tout ce que je puis vous assurer, monsieur, c’est que je n’avais pas encore accompli ma dix-neuvième année, lorsque je me mariai en premières noces avec mon défunt don Épifanio... (que k* paradis lui soit ouvert!) Kh bien, quant à ce cher homme-là, sans vous faire tort, il serait impossible de trouver un caractère plus respectable uni à plus d’honneur, et plus de franche amabilité mêlée à une conversation plus spirituelle. Mais, si vous voulez le savoir, il avait ses cinquante-six ans bien Sonnés le jour où il devint mon époux.

' DON MÈGU&. '

l.e Im*1 Age! En effet, cela nç s*ap|>oll<' plus un morveux'. Seulement...

. . ACTE I. SCÈXfc IV. , :,|7

(MINA INÈNE. * * >■

Cusl oh je vcirx arriver. Pensez-vous que, dans ma tendre saison, il eût pu nie convenir d’être unie à un frelüqtiet, à-une vraie tète folle? Non, grand Dieu! Ce n’est pas que je veuille dire au moins qnc mon défunt était un Oeil intirme, et que sa constitution fut délabrée : bien au contraire!

Il était sain, grâce au ciel, comme une pomme d’api; et, dans toute soit existence, il n’avait connu d’autre mal qu’une espèce d’épilepsie qui venait le visiter de temps en temps. Mais, du jour oii nous fûmes mariés, les attaques devinrent si fréquentes et si fortes, què, sept mois après, je me trouvai veuve et enceinte d’un- petit être, lequel naquit plus tard, et me fut, à la lin des fins, enlevé par la rougeole.

nos DIÈGl’R.

Qu en tends-je? Vraiment ? il laissa de la postérité, ce bon don Kpilànio !

DOSA IRÈNE

Mais certes, monsieur. Et pourquoi pas?

nos ni kg t k .

Je lais cette observation, parce qu’il \ en a toujours qui viennent dire... Après cela, s’il fallait al- ' tacher la moindre importance... Or donc, madame, était-ce un garçon ou une lille? *

DOSA ARÈNE

ldi superbe garçon ! Oui, il était blanc comme

de I argent nw>n chérubin !

5i8 LE OUI DES JEUNES FILLES.

*; DON blÈGUE,

Die» ! la douce consolation de tenir dans ses bras lit) de «es petits anges!,.. ' • .

DOSA IRÈNE

Hélas! monsieur, ils vous font passer de terribles quarts d'heure. Mais qu’importe ? c’est charmant , c’est ravissant!

DON DIÈCIE. ■-

Je vous crois.

DON A IRÈNE

U’est le ciel, monsieur ! - ,

IION DIÈGIE.

Oui, ce doit être un plaisir inelïable...

DONA IRÈNE j ,

Oh oui ! je vous le jure !

don diègce. ■ , ,

Quel bonheur île les voir gambader ensemble ces trésors d’enfants, de les entendre rire, de les caresser avec amour, et d’ètre l’objet soi-même de leurs caresses innocentes.

DONA IRÈNE

Où êtes-vous, fruits de mes entrailles? Vingtdeux, voilà le chiffre net résultant des trois mariages que j’ai contractés jusqu’à ce jour. Hélas! de cette famille si belle , il ne me reste que ma fille , mais je vous promets...

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