ACTE II, SCÈNE il
enfin ? Malgré cela , elle me coûte les yeux de la tête. Dieu ! que je regrette de ne pouvoir en trouver une autre! Car supposons, par exemple, qu’il nous arrive un étranger. Aussitôt voilà tous les meubles entassés pêle-mêle, tous les matelas arrachés des alcôves. Or, quand on dérange une fois les objets de leur place, on ne sait plus où s’arrêteront les dégâts. Et tout cela pour n’avoir pas à sa disposition une couple de pièces où mettre deux ou trois lits supplémentaires. C’est un cauchemar !
DON JUAN
Oui, je conçois.
DON ROQUE
Vous dites?
DON JlIAN.
Mais. . . seulement que vous avez raison là-dessus.
DON ROQUE
Si j’ai raison! Regardez ma sœur. Effrayée de tous les embarras qui régnent dans mon ménage, elle s’est déterminée à retourner au sien. Encore, si j’avais ici... Mais il faut le voir pour le croire. Quel chaos ! Pourtant je ne fais point de cérémonies avec vous; cela ne souffre pas de difficulté. Eh bien, vous le voyez, afin de vous céder (pour une seule nuit, s’entend) ce mauvais lit , tout mon intérieur a été mis en désarroi. Maintenant le ciel m’est témoin que je déplore du fond de l’àme de ne pouvoir vous héberger... de telle façon, que... (A part, en entrant dans son bureau.) Rien, rien; c’est comme si j’avais parlé à une statue !
.M5 Lli VIEILLARD ET LA JEUNE FILLE.